Cinématographe
Kung Fu Hustle
Jul 7th

Bon, calcul simple: je pratique le Kung Fu depuis pas mal de temps déjà, et de l’autre, j’aime le cinéma et la précédente production de Stephen Chow, Shaolin Soccer, le mec qui fait un peu tout dans ces films. Bon, à part une ou deux scènes à se décrocher la mâchoire; le film repose sur les “gueules” de ses personnages. Ici pas de limite, surjouer est bien vu. Il faut voir le jeu de la tantouze pour le croire. Le film se laisse aller à une extravagance d’effets spéciaux, lorgnant vers Tex Avery et Buster Keaton qui auraient couché avec DBZ. On ne peut pas lui reprocher ça, ce film exalte d’envie et de passion de cinéma. Derrière son aspect surchargé, Kung Fu Hustle est un film simple qui sombrerait dans le ridicule s’il n’était construit tel un clin d’œil au spectateur, un coup de coude amical qui se rapproche un peu des ZAZ 2ème époque, les pas super super, mais gentil quand même. Car c’est un peu ça, c’est plein de bonne intention, mais ce n’est pas tout. Délire visuel ok, mais il manque une colonne vertébrale à l’ensemble. Sinon point de vue “martial”, les deux maîtres musiciens, en plus d’être une chouette trouvaille, sont une des scènes d’action les plus inventives que j’ai vu depuis longtemps. Syndicalement fun, donc.
(note, l’illust ce coup ci, inspiré de la stylistique Sin City était ma première expérience du type, une technique que m’a soufflé un camarade)
Papa
Jul 4th

Maurice Bathelemy, “tête pensante” des Robins des Bois, les non-comiques de sinistre mémoire, s’essaye au road movie filial. Il y retrouve son maître et mentor, Alain Chabat (from the legendary Rrrrrrrr). Il joue y le père, volontairement adulescent, flanqué par son fils, ensemble en virée en caisse. Le petit, très mignon d’ailleurs, joue d’ailleurs par moment en mode Robins des bois. Chabat fait le chabat, période Burger Quizz. Avec ce sujet interessant, on a finalement droit à un film à la sérénité d’une pub pour les knackis Herta. Papa, assez poseur, voire prétentieux dans son dépouillement (oui c’est possible) est loin, mais alors très loin de la sensibilité et du ton juste d’un Kitano (par exemple). Evitable.
Les Poupées Russes
Jun 19th
Précision, je fais partie des gens séduits par l”’Auberge Espagnole”, ce film léger et nostalgique qui m’avait pris par surprise à sa sortie. Qui visait juste, qui faisait appel à quelque chose d’enfoui en moi, et visiblement en nous, aussi agaçant que cela peut être à écrire.
Peut-être que, du coup, j’attendais trop de cette suite qui n’atteint pas cette espèce de légèreté un peu fellinienne (mais oui !). Les ”poupées russes” reprends quelques années plus tard, Xavier galère pour s’imposer comme auteur, son ex chiante a eu un mouflet et est devenue au passage une caricature de petite gauchiste altermondialiste. Les autres sont un peu éparpillés. L’histoire est axée sur Xavier. C’est peut–être là le problème. L”’auberge espagnole” avait un thème, les P.R n’en a pas vraiment, c’est un peu le scénario de la roue libre de la vie. D’ailleurs, à titre perso, j’ai du mal à me sentir concerné par un mec qui se lamente sur ses déboires amoureux alors qu’il ne fait que lever des tops tout le long du film. Des filles moulées pour l’amour, et lui, larmoie. Les problèmes d’argent (dit de “galère”) ne sont prétextes qu’à une ou deux lignes de dialogue, et sont oubliés aussi vite. En gros, on a beau être parisien, c’est un peu “elseworld”. De plus il y’a un gros soucis de casting avec “Celia’ qui aurait mérité d’être 15 ou 20 fois plus canon pour rendre l’histoire cohérente. Par contre, celle que j’appellerai “l’anglaise” a fait un monumental power-up en beauté. C’est assez hallucinant, on se demande presque si c’est la même fille. Mais que reste-t-il de cette suite qui déroule son histoire avec de multiples répétitions et quelques passages un peu chiants…
Eh bien l’intelligence de Klapisch est là. Il y’a quelques scènes d’une simplicité incroyable et pourtant rudement efficace… Quand Romain Duris traverse Londres en bus avec sa camarade, le tout sans parole, sans cette voix off qui énerve un peu ce coup ci… Et bien là on tient d’authentique moment touchant, poignant, une espèce d’énergie amoureuse contenue. Cette description de cette main tendue à cette fille, séquence ô combien convenue de nos relations humaines diront certains cyniques marche à merveille, touche là où il faut.
Les Poupées Russes n’est pas aussi limpide que l’auberge espagnole, moins drôle aussi, mais parvient à toucher à sa manière, axant plus son propos sur les relations amoureuses des trentenaires. Et le pire, c’est que, malgré tout, on arrive à s’identifier. Klapisch, sale bestiole, t’es bon tu sais, même quand c’est mou du genou.
Batman Begins
Jun 16th

Autant le dire tout de suite, les deux films de Burton ont toujours été à mes yeux de piètres films de Batman. De très bons “super vilains featuring Batman”, ça d’accord. Mais ils sont toujours passés à côté du héros. Mais voilà, depuis des mois, on voit défiler les teasers de ce nouveau Batman, largement inspiré sur Batman Year One de Miller / Mazuchelli (si vous ne l’avez pas lu, foncez l’acheter, sans doute une des meilleures histoires jamais imprimée sur papier avec l’homme chauve-souris), alors on y croit. Le point de départ est d’imaginer (comme le propose la continuité classique moderne) un Bruce Wayne qui part à travers le monde, tel Zorro, pour s’initier à la criminologie ainsi qu’à de multiples sports de combat. Perdu dans sa soif d’apprendre, il se retrouvera en Asie où s’initiera aux arts suprêmes chez Ra’s Al Ghul, celui qui dans la bédé deviendra son arch-nemesis, un magna du crime international, félon comme Lex Luthor. Enfin ici, il est joué par Ken Watanabe qui ressemble à Yul Brunner dans Anna & le Roi, avec ses 3 minutes en temps total on screen. Toute l’organisation criminelle devient une ligue de ninjas qui veut faire le bien par le mal… enfin c’est super flou, mais au final, ils sont montrés comme des dingues façon méchants de James Bond et bombe mégalo.
Retour à Wayne. Après son super entraînement de ninja avec son maître jedi, Bruce revient à Gotham et se confectionne son identité de Batman. C’est à peu près le sujet du film : comment il se bricole son identité avec la fortune que lui a légué son paternel, qu’il se taille ses batrangs, jusqu’au plus petit détail. Intervient, en plus du majordome Alfred, celui dont j’ai oublié le nom, mais qu’on appellera Danny The Dog car c’est Morgan Freeman qui delivers encore une fois, dans ce qu’il fait le mieux, le vieux noir charismatique. Inégalable. Il n’y a pas vraiment de “nemesis” au sens classique du terme, et finalement ce n’est pas plus mal. Au moins le film est centré sur Batman (et pas sur le Joker ou le Pingouin). Visuellement, c’est calibré, y’a du savoir faire, et on sent que Chris Nolan s’est donné du mal, sans que cela sente le CG partout. Maintenant, un truc chiffonne le fan que je suis…. On sent même que c’est trop appliqué, dans le sens où les origines de Wayne ont été “spidermanisé”. Bruce se sent coupable de la tragédie qui l’a laissé orphelin… comme Parker pour son oncle Ben. Ce sentiment de culpabilité est renforcé par une phrase répété comme un motus vivendi, tel “Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités”. On peut ne pas adhérer également à l’armure de combat urbaine. L’arme principale de Batman est la peur. Peu importe qu’il se fasse toucher ou pas, il fera toujours peur. Le foutre en armure le réduit un peu à ça… juste un mec en armure. Un mec cognable, loin de l’être mythique qui hante les rues de Gotham.
D’autres bons points…. Et bien, Bruce Wayne est excellent. Hautain, snob, arrogant play-boy de la jet set, il est comme il faut. L’humour n’est pas en reste, avec des catchline vraiment très marrante. Oui, les gens ont tendance à oublier, depuis Dark Knight Returns de Miller, qu’avant de devenir la caricature d’un psychopathe justicier, Batman prends plaisir à ce qu’il fait. Très bien senti. Même avec ses 20 minutes de Bat-ninja, malgré sa musique signé les écuries Hans Zimmer (on a l’impression que Gladiator va nous tomber sur la gueule avec des valkyries, Ja ja!), Batman Begins s’impose de fait comme la meilleure adaptation du caped crusader, loin devant les univers esthètes de Burton et des délires techno-gay de Schumacher. Même la fin est pas mal. Autant de bonnes intentions méritent un satisfecit appuyé. C’est parti pour deux suites encore…
Imposture
Jun 14th

Note: à partir des reviews de Last Days et d’Imposture, plutôt que de mettre la très officielle affiche du film, j’essayerai de faire un crobar ou quelque chose…
Bouchitey, avec l’age, a les traits de plus en plus anguleux, inquiétants. Il foutait déjà les jetons dans Les Démons de Jésus. C’est donc d’un pas certain qu’on peut aller voir Imposture, l’histoire d’un prof et critique qui kidnappe une de ses élèves pour lui faucher son bouquin, brillant. Il la séquestre, et, toujours en mal d’inspiration, lui en fait écrire un autre. Ce Misery, un peu moins thriller, un peu plus drame, est au final assez intelligent, très regardable, avec un Bouchitey en grande forme. Bonne prestation aussi de la jolie Laetitia Chardonnet. Clin d’œil, les amateurs de vie littéraire françaises (autant dire parisienne) apprécieront quelques caméo marrants à la fin.
Last Days
Jun 11th

J’ai en mémoire la phrase d’un ami: “je vais au cinéma pour penser le moins possible à la mort“. Louable. J’espère qu’il n’est pas allé voir Last Days de Gus Van Sant. Il est en effet question de ça, après un Elephant qui continue à me partager un peu plus chaque jour. Film brillant, attitude de poseur, clairvoyance, simplisme, Elephant est bouleversant pour pas mal de raisons. Last Days propose un sujet à la mode, le bio-pic trèèèèès largement inspiré par les derniers jours de Kurt Cobain. Même si la ressemblance et le mimétisme de l’acteur principal Michael Pitt est frappante, pas besoin d’aimer ni de connaître le leader de Nirvana qui a fini par se faire sauter la cafetière. Beaucoup de ressemblance donc avec Elephant mais avec des passages en miroir renversé. Alors que la mort y était le couperet final, asséné en quelques minutes, la déchéance de Michael Pitt dure un film entier. Cette agonie est largement plus saisissante que les récents films du genre qu’on a pu voir (souvenons-nous du pathétique “The Passion of the Christ“). Ce n’est pas non plus le premier film du genre. Gus Van Sant transcende son sujet, dépasse le mythe du rocker, et assène quelques moments grandioses. “Quelques”, oui, car il ne se passe pas grand-chose. Mais le peu qu’il s’y passe prends aux tripes. Les dialogues sont extrêmement réduits, quand ils ne sont pas tout simplement bredouillés. On virevolte avec ce pantin désarticulé, on suit sa douleur qui glace le sang. Des plans audacieux dans un film sobre (ce passage au petit matin derrière la vitre, wow!). Pas aussi génial qu‘Elephant, mais avec un sujet moins dangereux, sans parti pris, Last Days est un film expérimental simple, triste, élégant et intelligent.
Sin City mon Amour
Jun 4th

Sin City… un nom qui fleure bon la nostalgie pour moi. Mon premier contact avec ce monstre de violence et de classe remonte à il y a facilement 13 ans sinon plus. A l’époque, j’avais cessé de lire des comics, à part deux trois occasions bien précises. Dont Dark Horse Present qui pré publia la première saga. Depuis j’ai lu chacun des chapitres de ce qui devint un multi graphic novel sur des centaines de pages. Frank Miller a crée un monde cohérent, puisant dans les clichés du polar, du roman noir pour en sortir quelque chose d’atypique, puissant, qui déchire la rétine visuellement parlant. Circa 15 ans, j’avais tenté de le prêter à mon père sans succès: “bien mais trop violent”. Sin City n’est pas à mettre entre toutes les mains. On est dans des bas fonds où se côtoie la lie de l’humanité. Mafieux, assassins, chasseurs de primes, putes, violeurs, la vie n’y est pas rose. Les hommes y sont cruels et les femmes, fatales. Le film de Rodriguez et Miller suit de nombreuses scènes de 3 des récits majeurs de la série (ainsi qu’une short story), plan par plan, et d’une manière hallucinante. Certaines séquences sont mêmes transcendés dans la version ciné. J’ai simplement halluciné devant Bruce Willis, acteur que je déteste pour sa mono expressivité faciale, mais là, wow ! Il a le rôle de sa carrière. Mickey Rourke est absolument brillant dans le rôle de Marv et Carla Gugino est belle à se damner (notons un seul manque de fidélité, normalement Jessica Alba aurait du être topless). Alors évidement, vu la fidélité, le film n’a aucune forme de surprise pour le connaisseur, à part jouer avec sa mémoire. Certaines scènes sont meilleures en BD (la pendaison de H. est un des plus grands moments de bédé mis sur page à ce jour), certains manquent (le délire du même H. lorsqu’il se fait tabasser), mais on est dans un concentré d’efficacité. A certain moment, les catchlines fantastiques du film me sortait de la bouche avant que Willis ou Rourke les prononce. Sin City est un film fantastique, un film de genre construit autour de clichés, de gueules. Chaque plan sent le travail, le bon goût caractérisé d’une concertation des réalisateurs entre eux. Et c’est ça la puissance de Sin City, un film ambitieux et poseur. Il y a une énergie ébouriffante, une espèce de laboratoire à idées visuelles, narratives, un moment d’allégresse de cinéphiles. Un film grandiose.
Star Wars Episode III
May 22nd

Passons sur l’histoire que tout le monde connaît et allons directement dans le vif du sujet. Marié en secret à la petite nana de Leon, Anakin va basculer du côté obscur. Et c’est encore une fois la faute indirecte de la femme si tout part en vrille. Attention, personnages subtils: Anakin fait un cauchemar où il voit sa gonzesse mourir en donnant naissance à leur(s) enfant(s). Il va voir le sénateur Palpatine, en fait le grand méchant de la galaxie mais ça, personne ne le sait, qui lui dit que “p’tet bien que le côté obscur on peut redonner vie à des gens morts”. Un combat et 2 minutes plus tard, il est à genoux devant son nouveau maître. Transition subtile. Avant cela notons une séquence d’ouverture assez géniale, avec des droides redevenus hilarants. C’est sans doute le point fort du film. Les combats aux sabres, loin des duels épurés des épisodes d’il y’a 20 ans, sont enrichis en images de synthèses. Alors entre Ian McDiarmid (61 ans), Christopher Lee (83 ans) et Yoda (qui n’existe pas), le résultat est déséquilibré, très jeu vidéo, assez brouillon. Palpatine d’ailleurs joue d’ailleurs en utilisant tout son savoir acquis dans la Christian Clavier Actors’ studio, surjouant, grimaçant: il est en roue libre. Les autres s’en sortent nettement mieux (le sobre Hayden et Ewan).
Mais au fond, “pourquoi filmer ça?”. Quelqu’un qui découvre les Star Wars aujourd’hui dans le nouvel ordre aura-t-il des frissons à l’arrivée imposante de Darth Vador dans épisode IV ? Aura-t-on plaisir à découvrir la Force comme le fait Luke avec l’enseignement d’Obiwan (“la Force est dans toute chose de l’univers”) alors que maintenant on sait que c’est une connerie dans le sang, comme des globules blancs ? Et le noble Obiwan ment de fait à Luke ? De plus, tout le propos des nouveaux films n’est plus l’héroïsme, mais le repentir d’Anakin. Ok, il bascule gentil à la fin, mais le simple fait d’émettre l’hypothèse de repentance sur un mec qui est sans doute à l’origine de milliards de morts dans la galaxie est assez gerbante. En dire trop gâche clairement les effets des films passés. Le Retour du Jedi faisait déjà l’erreur de montrer la gueule de Darth Vador (autrefois indubitablement un des meilleurs bad guys de l’histoire du cinéma), là on a eu droit à son enfance, sa puberté, la totale. Alors le fan vous cherchera les petits détails qui ne collent pas, les trucs qui se contredisent, les differents patchs scénaristiques rajoutés par Lucas, mais franchement en dehors Star Wars et Empire Strike Back, ce n’était pas la peine d’aller vraiment plus loin. Enfin maintenant c’est fini. Circulez, y’a plus rien à voir.
Lemming
May 21st

Après un intéressant Harry, un ami qui vous veut du bien, Dominik Moll revient avec le même genre de thriller psychologique lent, en y ajoutant une touche de fantastique. On commence à comprendre ses fixettes (l’hélico-web cam, réminiscence des délires de singes volants dans Harry, les musiques etc). Ici l’histoire repose sur la théorie du grain de sable (un lemming coincé dans un tuyau) qui vient déglinguer la vie d’un couple modèle. C’est assez chiadé visuellement mais c’est surtout le côté sonore qui est vraiment traité avec une grande classe. Le problème tient dans son côté “fantastique”, absolument pas crédible et c’est vraiment dommage. Les effets en images de synthèse sont aussi risibles qu’inutile. Et alors la fin racontée en voix off, c’est assez hallucinant, on dirait que ça a été bricolé au dernier moment. Dommage donc, mais bon, parait-il que l’étape du deuxième film c’est dur dur.
Kingdom of Heaven
May 17th

Ridley Scott revient à son style majeur depuis Gladiator, la grosse machinerie façon grosses trompettes derrière. Kingdom of Heaven nous téleporte à Jérusalem, à l’époque des croisades, à un moment assez peace & love. D’ailleurs, tous les personnages sont gentils. Les seuls méchants (qui provoquent une guerre, niark niark qu’ils sont méchants) sont caricaturaux au possible. Sinon, tout est là. Il faut du vieux charismatique. Toujours. Il faut une fille européenne, on l’a aussi (l’absolument sublime Eva Green).Et chose bizarre, ce seront des “gentils” qui finiront par se taper sur la gueule. La chose qui manque vraiment, c’est un méchant crédible. Et comme d’habitude, l’unité linguistique (Troy déjà, tout le monde en anglais…) est horripilante. Même les arabes parlent entre eux en anglais. Il manque sans doute l’aspect épique de Gladiator, à coup de super monologues de Russel Crowe. C’est quand même un bon film de chevaliers quand même, où l’on ne sent pas trop le photoshop lors des scènes de batailles (ce genre de détail me fait carrément sortir de ces genres de films). Le montage est toujours un peu hasardeux, toujours à la Gladiator, mais a le bon goût d’expédier l’amourette à une vitesse hallucinante. Et en même temps, malgré tous ces petits défauts, Ridley Scott sait insuffler de l’intelligence et de l’efficacité dans ses plans. Il a une espèce de bon goût évident, des tentatives d’élévation de débats. Faire co-produire un tel film par Fox, avec tout le côté subversif sous-jacent, c’est gonflé. Du cinoche pas parfait mais quand même assez haut de gamme.
Avant qu’il ne soit trop tard
May 15th
Prenez des amis, avec un background lourd. Pensez à tout. Il faut un homo, une fille dévergondée façon croqueuse d’hommes, une fille trentenaire pas très fut fut (on appelle ça un repère identifiable pour les jeunes filles, comme Ally Mc Beal ou encore Bridget Jones). Ajoutez un noir. Faites les parler ensemble dans un huit clos. Surtout ne pas oublier de placer quelques d’anecdotes un peu crues (mais rien à l’écran, exemple: témoignage sur l’homosexualité, fellation). Vous faites jouer le tout par des acteurs qu’on a déjà vu quelque part (Emilie Dequenne, jolie, déjà vue dans le pacte des loups; Frédéric Diefenthal, le flic gaffeur de Taxi, Edouard Montoute, un des flics non drôle de Taxi -encore!-, mais pas mal ici). Bah voilà, c’était à peu près tout.
Ca se termine avec une happy end qui pique les yeux. Des fois, on croit à une erreur.
Les mauvais joueurs
May 8th

Voici un de ces films étranges, proche du fantastique De battre mon cœur s’est arrêté.
Vahé est un écorché vif. Sa vie prend l’eau. Son père, arménien du Sentier, qui tient une boutique de tissus va bientôt fermer. Il a aussi ses amis avec qui il fait 2 3 larcins et magouilles, toujours dans le marais, toujours dans le textile, toujours entre arméniens. Mais voilà, il en a marre de cette vie. Il aspire à autre chose, mais quoi ? Sa nana, une belle chinoise vient de le plaquer. Sa vie est en roue libre. Il essaye d’aider un jeune chinois clandestin, endetté auprès de ses passeurs, mais ça ne se passe pas très bien. Mais Vahé est dépassé, sa propre vie semble lui échapper. En bref, il n’y a pas réellement d’histoire. On suit le spleen de Vahé (joué par un Patrick Elbé brillant) dans ce film étonnant, traitant de la minorités des minorités, des arméniens du Sentier. Avec sa réalisation nerveuse de polar , les mauvais joueurs est un bon premier film, touchant et subtil, montrant qu’il n’est pas nécessaire de montrer une bande de juifs séfarades fêtards (penser “la vérité si je mens“) pour évoquer ce quartier de Paris.


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