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Kamui Robotics

Tu es bien devant la nouvelle formule de Kamui Robotics, le plus grand ramdam (anciennement buzz) sur internet depuis le Lipdub de l’UMP.  Matte un peu comment c’est devenu joli.  Du twitter, de la bannière classe etc. Y’a même une erreur 404 custom. On est passé en mode Super Sayan 3. Mais tout ça, c’est pas de moi. J’aurai tant voulu savoir coder la puissance de l’internet, mais au lieu de ça, j’ai appris à faire des coups de pied sautés. Ce qui nous amène à ce blog.

Ah oui, si tu ne sais pas de quoi on parle ici, c’est que tu l’as trouvé sur Google avec des mots clefs du genre “Ninja Nazi Fornication Airwolf Brochette Fromage X-Men Zemmour”.  Tu as des hobbies bizarres mais no judgment, tu es le bienvenu quand même.

Hasard du calendrier, c’est il y a 5 ans qu’est née Kamui Robotics. C’est donc l’occasion idéale pour marquer et le coup et faire entrer la Robotique dans une nouvelle ère. Un nouveau quinquennat plein de promesses où l’on étudiera le cool à travers différentes unités qualitatives : les comics, les coups de poing dans les dents, les jeux vidéo, les corniches, la politique, le mauvais rap, le cinéma et Supercopter.

Et un poème pour fêter cet anniversaire :

Goldorak. Qui tue l'abominable Golgoth des neiges. De dos. Puissance.

Jospin, le plus Airwolf de tous les Premier ministre

C’est beau, une ville en printemps. On tombe parfois nez à nez avec des géants. Un “dans les dents” maxi-event hors-norme pour toi et les générations futures.

On peut vivre des trucs grands, si tu crois en tes rêves.

Un vétéran chanceux

Mon grand-père avait gardé de l’armée un gout pour le visage parfaitement rasé, le résultat d’un cérémonial qu’il me faisait parfois partager. Je me souviens parfaitement de ce matin d’été de mes cinq ans quand, parachevant devant moi son nettoyage de menton, il profita de sa chemise de travail relevée jusqu’aux coudes pour me montrer son bras.

“Tu vois, la balle est rentrée ici et elle est ressortie par là.”

Une blessure comme ça, il n’en reste pas grand-chose 40 ans plus tard. Impossible d’imaginer que ce qui n’était plus qu’une petite aspérité ovale un peu fripée était un souvenir de “Stalingrad”. Un mouvement rotatif de l’avant-bras lui était désormais impossible, un handicap vraiment minimal mais classique chez les anciens combattants. Sans qu’il s’en rende compte, il offrait du rêve pour un môme fasciné par la guerre et l’histoire : il s’était battu au front contre les fascistes (comme on dit pour simplifier en russe), il y a été blessé, il a survécu, il faisait parti du camp des vainqueurs. Aussitôt, il était mon héros. Logique.

Je chéris tous les moments privilégiés qu’il a passé à étayer ses anecdotes de détails. Régulièrement il renchérissait de manière très habile, toujours plus précis mais délicat quand il s’agissait de rentrer dans ce qu’on appelle l’horreur de la guerre. Il était officier, un gradé probablement chanceux vu ses origines, mis là devant de lourdes responsabilités, il avait survécu au front de Stalingrad, il a capturé des espions, les histoires de l’Armistice et la prise de Berlin, sans oublier les embrouilles mortelles avec ses supérieurs, tout ça a été gravé plus sûrement dans ma mémoire que dans celle d’un disque dur.

Finalement, il décida que les bouquins, c’était mieux que l’Armée Rouge. Marqué à vie, il me parlait régulièrement de cette bataille qui a eu lieu « sur un champ découvert», où les russes perdirent des hommes par grappes entières, en quelque instant. Il en a réchappé, encore par chance. Il avait tellement frôlé la mort qu’elle n’était même plus inscrite dans sa feuille de route. Son éventualité biffée, elle n’existait plus.

Il arrivait à me faire vivre toute l’urgence de la guerre et ses moments de tranquillité à travers ses souvenirs limpides. Aujourd’hui seulement, j’ai compris qu’il utilisait les mots que seuls les survivants utilisent.

“A cette époque, la vie humaine… ne valait pas plus qu’une feuille de papier”, me disait-il, les pupilles fixées sur les souvenirs du passé. Jusque dans ses derniers jours, la guerre était encore ce qui alimentait le plus ses souvenirs.

J’ai compris bien plus tard qu’il n’y a pas d’héroïsme là-dedans. Croire que survivre à la guerre incombe à un quelconque talent, à une stratégie bien pensée ou même une force supérieure est une grossière erreur. Sans s’en rendre compte lui-même, Joseph avait une foi inaliénable en sa propre chance. En 1967, sentant la vindicte politique s’abattre sur les siens, il prend les devants et quitte le bloc communiste en emmenant sa femme et deux gamines dans les bras, jusqu’ à Paris, 10$ en poche. Un coup de bol, encore, auquel il a toujours cru, mais déterminant. Après son verre de vodka quotidien, il se souvenait avec malice du temps où ils n’avaient rien en répétant : “Vraiment, de quel pétrin je nous ai sorti, je n’y crois même pas ». Alors qu’il n’en a jamais douté, le malin.

Cette bonne fortune, il en a tellement eu qu’elle nous manque à tous, déjà, à mesure que les jours s’assombrissent. J’espère que sa bonne étoile, là où il est, continue à faire profiter ceux qui en ont besoin. Il en a tellement eu toute sa vie, je suis certain qu’en homme prévoyant, il en a gardé en réserve. Je n’ai même pas assez de mots pour dire à quel point il me manque.

(1919-2009)

Adieu 2008 part 2

Ultime rundown de l’année 2008, une année pourrie vous diront les chinois.

L’année de ceux qui qui ont mouillé la chemise pour rien.

Ce fut l’année d’un happening, un come back des limbes:

Tout ça pour nous donner ça en 2009… C’est mal barré.

Et des rencontres qui ont vraiment fait avancer le débat public…

2008 a commencé par un costard à 4 milliards…

Heureusement, on a vu quelques couples heureux, même après l’Euro 2008.

C’est sans parler de l’éclosion de quelques blogs “love love” :

un concert…

Totalement gratuit :

Rrrrrrr

Heureusement, ce fut l’année de quelques réussites comme le sympathique Morsay (qui propose de poser des questions à Luc Chatel, relance de la conso oblige).

Des milliards et une pièce de théatre.

Celle où DSK est devenu présidentiable….

Celle des ex-retraités heureux.

Oui, elle peut supporter la vérité, celle des vrais chiffres, mais l’année prochaine. En attendant, officiellement, on traverse simplement “un trou d’air”.

2008, l’année où les chiens ont gagné le droit d’adopter des êtres humains.

Les films, oké j’ai donné, mais bon, best documentaire de l’année: Patrick Sebastien qui va “jusqu’au bout de la schizophrénie” dans un documentaire narré par lui-même à la troisième personne.

Une année assez nulle en série.

Heureusement, 2009 commence avec Jaaaaa….

Jaaaaa….

2009 sera l’année où l’on ne respecte plus rien.

Et des gens dans la boue.

Il faut parler de comics, c’est l’occasion de revenir sur le Year Zero absolu de Superman. Alors que les gens saluent à tour de bras un Batman qui montre ses dents pour faire le méchant et que Frank Miller sombre dans la folie avec son futur Batman contre Al Qaida tout en hybridant The Spirit et Sin City (j’y reviendrais), Grant Morrison, lui, a réussi un miracle : celui de faire le récit ultime de Superman. Pas évident : il est trop puissant, trop moral, il est plus facile de faire des coups de pieds dans la gueule et d’avoir des résultats plus rigolos. Mais Morrison a une autre feuille de route : en piochant avec sa grosse main dans le bac à jouets des histoires désuètes ou folklorique, il balance le tout en 12 numéros, pas un de plus, et fait le tour de la question. Krypton, son père, les Kent, Olsen, Luthor et Lois, forcément, Lois, une relation formidablement résumée ici .

On a rarement fait plus ambitieux sur la question du super héroïsme depuis les années 80 ou même Christopher Reeve. Chaque pierre du corps du Gollem protecteur est assemblée dans un but bien précis, avec toute la malice qu’il faut pour inciter à la relecture. Frank Quitely, dont le trait n’a jamais été aussi précis et affuté, a gagné ses galons de narrateur majeur, puisant dans tout ce que la bédé compte de Mobïus et d’Otomo, cette énergie brute cinétique intercepté avec la légèreté d’une mine HB. Un exemple parmi d’autres, le numéro 10. Alors qu’il n’a que quelques heures pour se guérir, parler à Luthor en taule, affronter une race ennemi, créer un système solaire et un univers ( !), déménager un peuple sur Mars, sauver Lois, trouver un remède contre le cancer, il prend le temps de sauver une émogoth.

Superman All Star est sans doute une des meilleure bd de Super Héros de tout les temps.

Mon top 2008 sera pour une fois mélancolique. Temps de crise, annus horribilis, Julien Dray, tout ce qu’on veut. Bien sur, on pourrait considérer que le meilleur du meilleur est aussi le lauréat de 2006, traduit par des petites mains ouvrières et bénévoles, comme du café que vous aurait offert une dame tandis que le froid sibérien s’engouffre jusque dans vos bottes en cet hiver de 1943.

Pas un jeu, mais une appli, Ugomemo est la killer apps’ à l’ancienne, celle fournie avec la console, aussi radicale que Tetris à l’époque de la Gameboy Noir et Blanc Dot Matrix.

Comme pour les films, un des jeux de l’année a pris tout le monde par surprise, un crochet dans les dents balancé un jour de Janvier. Smash Bros X. Ce Brawl réunit tout le savoir faire de la compagnie en mode old type gaming. Dès le début d’année, comme pour faire « regardez, on est les boss ». Du plaisir millimétré.

Braid s’offre sans doute une mélancolie la plus poétique, flirtant avec la peur du néant, du rien au milieu du trop grand. Spleen immatériel, il confronte le joueur/héros avec la solitude de l’incompréhension, puisant dans une relation amoureuse dont il est devenu totalement étranger. Et c’est quand tout se termine que tout devient clair.

Enfin, meilleur baroud 2008, Metal Gear Solid 4. Trahi par ses fans qui ne voient plus en lui que le rejeton d’une trilogie boursouflée par ses propres codes et ses ambitions, abandonné de tous les décideurs d’avis annuels, Solid Snake meurt seul, la vie écourtée par l’AVC scénaristique cruel de ses auteurs. Mourir seul, lynché par ses fans, humilié jusque dans sa chair par ses ennemis, le vieux soldat, le vétéran mérite mieux que ça. Pourtant, en 2008, il nous a tout donné, sa tragédie ultime, celle d’un homme qui trouve la force pour donner un sens aux derniers jours qu’il lui reste à vivre. Mon jeu de l’année 2008, donc.

Hé, A Dieu Vat, le mot de la fin ?

Voeux présidentiels

Comme tout bon président, l’état robotique vous présente ses voeux.

DSi

Last week event, part 2

A l’occasion d’une des fêtes aléatoires de fin d’année, j’ai encore donné de l’argent à Nintendo. Une DSi, ce qui ramène la génération DS à un budget global aussi mastoc qu’une 3DO ou une PS3.

Mais. Mais. Mais. Il y a Ugomemo.
GRATUIT, COUSIN. Un cadeau fait à la génération Mario Paint.

Et ça, ça change tout.


Saloperie de batterie qui te lâche à la fin.

Les Gobots

Last Week event part1 :

Petite perle robotique de fin d’année:

Face A

Face B

Note: il n’y a aucune forme de crédit, ni pour l’illustration, ni pour l’acteur, ni pour le texte. A l’époque, les podcasts amateur se faisaient en 33 tours. Anecdote qui tue: c’était vendu dans un pack avec 2 45t, La Ballade de Davy Crocket chantée par P.Simpson Jones et la Dernière Licorne par Caline.

Last Week Event : Adieu 2008

Alors que les marronniers sur les achats de Noël se métamorphosent en reportages annuel sur les “sites de reventes qu’on ne nomme pas” quand ce n’est pas la soixantième rediffusion de Beethoven 3, il est temps de tirer un trait, de mettre un uppercut à cette année pourrie, sur fond de bilan Airwolf, de brochettes fromage, de joie et de cadox en tout genre.

Bienvenue dans:

Part 1: Les Gobots

Part 2: DSi

Part 3: Ciné Robotix Redux part 1

Part 4: Ciné Robotix Redux part 2

Part 5: Game Redux 2008

Part 6: Adieu 2008 Part 2

Des friandises 2008: The Spirit

Voeux présidentiels

Rentrée séries 2008: Heroes, Prison Break, 90210, Dexter etc

Maintenant que la série de l’été a pris fin (en fait, elle est terminée depuis le départ de Hakim)

Après la fin des J.O de l’improbable, où France Télévision nous a diffusé de l’athlé comme des nuls… (ici Laurent Luyat qui balance un sortilège “sommeil” niveau 6)

Voici les nouvelles séries de la rentrée. De la rentrée us hein, on parle pas des nouvelles saisons de Plus belle la life et le reste.

Dexter doute. Sa soeur a-t-elle changé de coupe de cheveux ? Bobby Simone / Jimmy Smits en spécial toutes les semaines. Allez on y croit.

Prison Break est devenue une A-Team cachée qui élabore ses plans dans un hangar. Enjeux nullissimes, premier épisode risible, PB avait déjà sauté le requin depuis longtemps, mais là, on a la confirmation.

Shin Beverly Hills a.k.a 90210 tout court. Le show du moment dixit un ami qui lurke les forums de type ok podium. Il se reconnaitra. Ici Kelly discute avec Shannen Doherty mais a déjà du mal à cacher son agacement…

…Alors que tout l’intérêt de la série, soyons franc, c’est le sens du staïle général. Les fringues improbables, les dialogues à fort potentiel (“quoi, tu tiens un blog?!”) et ses acteurs de 25 ans qui veulent nous faire croire qu’ils en ont 16. Ca n’a pas changé, ça (la soeur de Kelly, là, est largement au dessus du barelly legal, je l’ai imdbé pour toi. Riche mais proximité, elle a un ipod.) Et Rob Estès, le cosmo-bogosse est le proviseur tandis que des minets sortis tout droit de Smallville jouent les profs cools. Bande son sans doute bricolée par Itunes Genius (“t’écoute Coldplay, Viva la vida ? Oké alors achète ça aussi”). Combien de temps tiendront-ils ?

Mais l’actu c’est Heroes… qui part d’un niveau si bas que la prod n’avait qu’une seule solution: y aller à fond la caisse, assumer sa propre débilité, quitte à créer une problématique absurde.

Heroes, souvenez-vous, ses horloges avec des kanjis, aussi authentique que la brochette fromage du menu F du Tokugawa Sushi de la rue de la Roquette.

Nathan, qui a déjà survécu à une explosion nucléaire au dessus de sa nuque, revit. Forcément. Mais connement. Il est entré en période biblique tendance “entrez dans l’espérance” dont on a du mal à comprendre l’intérêt. Du coup, la série est en passe de se voir renommer “Cathoes”.

Shuresh nous fait vivre des moments palpitants de blabla science. Forcément, il entraîne dans son sillage le personnage le plus passionant de la saison 2, la chicanos.

Attention moment culte: des dossiers hyper top secret, LE gros danger de la saison, l’ultime plot device, traine bêtement dans le salon, entre le pouf et les boites remplies de vaisselles qui attendent le déménagement. C’est trop bêta quand même. On a jamais vu un plot device aussi stupide.

“Top secret, top secret… voyons voyons, ça pourrait me servir, ça…”

Sinon… The Fly ? Non, désormais, c’est Suresh qui assume pleinement son utilité physiologique à l’histoire et justifie ses heures passées sur un power plate. For da ladiez.

Hiro et son sidekick se baladent dans un décor tiré de “Yakuza” de Sega. On a rarement quelque chose d’aussi faux depuis… l’horloge avec les caractères japonais… Je vous révèle juste un truc: il va se retrouver rue st jacques après. Sountrack accordéon à venir.

Ando, l’homme aux mimiques de folie is back. C’est juste pas possible.

On la croyait morte dans l’incendie causé par le dangereux gang des voleurs de comics ? Eh bien non ! On a eu peur !

Saison 3 qui s’annonce… à fond les ballons, sans aucune forme apparente de logique interne. La Veronica Mars en nulle, Piterpetrelli, la cheerleader qui n’a plus besoin d’être sauvé là, d’ailleurs, c’est comme un melting pot de bonheur hebdomadaire, un peu comme quand on s’enchaîne les émissions politiques du week-end avec des plateaux riches en Moati Vs Bayrou. Battlestar Galactica, ça sera pour plus tard.

Koh-Lanta Robotics

Quand résonne la musique de Koh-Lanta, on sait que c’est l’été. « hé hay hay oh hay hay oh hééééé ».

Comme beaucoup de gens, je connaissais Koh-Lanta. C’était le show « du coin de l’œil ». Comme beaucoup de gens, c’était les frasques des hurluberlus de type Moundir ou encore de Raphaël l’aventurier sauvage qui s’était cru dans Mission ou en plein Terrence Mallick. Mais c’est vraiment la Saison 5 où l’intérêt a vraiment décollé, grâce à l’opposition entre en flic et le jeune Mohamed. On était presque dans l’impertinence de Strip Tease, mais enrobé parla voix de félin de Denis Brogniart, assenant ses quotes, aussi imparables qu’un sniper. Passé la découverte, cette “non-real tv” (car pas d’intervention du public) s’impose comme le meilleur show à suspense avec 24. Enfin en moins ultime, on n’a pas de chinois qui se font broyer la nuque à la mâchoire, mais ça repose sur les mêmes fondamentaux.

Le casting est fondamental pour une saison réussie. Si l’on déroge à ces règle sans doute écrites dans un cahier des charges strict comme la messe en latin, on peut TOUT foirer. C’est karmique.

Commençons par les natural born leaders. Ce groupe englobe tout les mecs aptes à diriger. Mais attention, comme les slashers au ciné, il y a des sous-genres « en veux-tu en voilà ». Il y a le « vieux roublard » à qui on ne la fait pas. Il maintient sa tribu dans une simili démocratie en prônant le débat participatif alors qu’en fait, comme pour Ségolène, c’est pipo. Ca ne sert qu’à asseoir son autorité sur les autres, façon « je vous écoute, mais on va faire ce que je dis, oké Julien Dray ?». Patrick de l’année dernière était exactement ça, doublé d’un sacré manipulateur. Il traversera toute l’aventure sauf les derniers jours. C’est freudien, on aura droit au meurtre du père, ses padawan l’assassinant irrévocablement aux portes de la victoire. Les natural born comptent aussi parmi eux les flics à la retraite, les militaires recasés dans le civil ou les chefs d’entreprises cool (à ne pas confondre avec LA chef d’entreprise, qui donne des ordres et finit par saouler tout le monde au bout de deux jours).

Sans doute l’image où il est le moins énervant.

A chaque saison, son athlète. Indispensable, il truste le groupe. Grégoire, Christopher, Francois-David etc. En général, ils sont présentés comme « vaillant » « sportif », des mots qui ne sont pas des vains compliments dans la bouche d’un connaisseur comme Denis Brogniart. Le souci, c’est qu’à force de gagner les épreuves d’immunité, ils finissent par énerver les autres, notamment « la mère de famille qui ne gagne rien mais qui a réussi se faire discrète pour ne pas se faire éjecter ». Généralement, il fait une erreur majeure : il arrive sur l’île chaud comme un lapin et essaye de se mettre avec les jolies minettes. Malheureusement, sans bouffer et surtout sans connexion internet, la libido de l’homme se limite machinalement. En général, c’est lui qui a le plus de fans: blogs ou skyblog pullulent, normal, ils sont le “héros type” de l’histoire, le Ryû, le Son Gokû ou le d’Artagnan indispensable à l’identification, mis en valeur par le montage et en général de très loin le plus bogosse. Mythe du bon sauvage dans toute sa splendeur, il fait Koh-Lanta de manière désintéressée.

Il existe aussi la femme athlète, über sportive et motivé. C’est l’élément indispensable pour envisager des duels homme/femme. Elle veut tellement croquer le beefsteak qu’elle se retrouve régulièrement en finale.

Le sympathique Céga a été littéralement foudroyé par la maladie. Un destin à la Dreamcast.

Attention aux faux costauds. A première vue, On se dit qu’ils sont méga balaise, des miracles de la nature mais, comme un film qu’on attendait trop, ils sont souvent des déceptions. Tel le gaulois, ce brawler perd toute sa puissance dès qu’il est privé de potions magiques. Le toulousain qui fait du rugby à Brives avec les copaing se retrouve alité sans sa bonne saucisse quotidienne tandis que le vaillant arabe un peu rondouillard se laissera complètement submerger par la déprime sans le couscous de maman (véridique)

La catégorie « retraité » n’est composé que de cas particulier. Véronique surnommé aussi « à fond la randonnée » s’est pris des boulets de canon parce que c’est une femme célibataire sans enfant à 60 berges +. Les gens sont cruels. Bizarrement, personne ne dit rien devant le fonctionnaire de la SNCF/RATP à la retraite alors qu’il a au grand maxi 56 ans. Visiblement, son service n’a pas reçu le post-it sur la hausse de l’âge minimal pour se casser que lui a écrit François Fillon. Depuis il tue le temps en allant à Koh-Lanta. Quel escroc. En général, cette sous catégorie comprend le « gars sage » qui saura répandre son bon sens sur les jeunes chiens impétueux.

Passons à un sujet passionnant: les femmes.

La jeune fille est en général à voir en début de saison. Elle se fait généralement choisir par les chiens fous pour sa plastique généreuse, ce qui permet aux réalisateurs de faire de beaux « ass shot » comme on dit dans le jargon. Souvent étudiante, elle apporte en général de la bonne humeur et un semblant de tension sexuelle avec les beaux gosses (voir plus haut). Elle se fait généralement lourder dès que les mecs se rendent compte que la libido sans bouffer, c’est moyen et qu’elle ne sert que moyennement sur le campement. Chaque jeune fille qui part, c’est autant de plans totalement gratuits qui disparaissent.

Bonus pas cachés:

Plus collector encore, c’est « la mannequin ». Pire qu’une étudiante, elle ne sert à rien, ce que ne manque pas de rappeler Denis et le montage, heureusement qu’ils sont là ceux là. A part pour bronzer, elle est généralement sur l’ile « pour prouver que les mannequins, ce n’est pas qu’un physique ». Celle là, il faut en profiter, c’est 2 épisodes maxi !

exemple:

Irya, virée deux fois.

C’est à Koh-Lanta que l’expression “une bouche à nourrir” prends tout son sens.

Figure emblématique de Koh-Lanta, la mère de famille (forcément 3 enfants et plus) vient aussi ramper dans la boue « pour prouver à ses enfants que… bah on ne sait pas quoi vraiment. C’est un personnage dangereux car si elle survit au premier écrémage, elle peut habilement se faire oublier et tenir jusqu’aux épreuves finales. Une application efficace du centrisme à la vie de tous les jours !

Enfin, il y a celles qui traversent Koh-Lanta comme des comètes : les chefs d’entreprises, les working girl. A la différence d’un homme DG, elle ne peut pas diriger les gens aussi facilement une fois quitté le cadre de l’entreprise. Ca se passe systématiquement mal et en général, c’est la première à gicler. Mieux encore, vu qu’elle part au premier ou au deuxième épisode, elle a une chance de réapparaitre encore dans l’autre équipe en cas d’abandon, bien fréquent en début de saison. Koh-Lanta est la seule real-TV qui permet l’exclusion d’une même personne, une semaine après l’autre.

Koh-Lanta, un des rares endroits où l’on peut virer un patron deux fois de suite ! Prends ça, MEDEF !

Enfin, aussi indispensable que la saucisse dans la choucroute, c’est le quota ethnique, Laissons de côté les étudiantes et les mannequins (voir plus haut). Il y a évidemment les mères de famille d’origine africaine qui se prendront des « on le cuisine comment le manioc dans ta tribu ? » par une femme se croyant fine. En fait, cet élément identitaire comprend aussi les minorités invisibles telles que « les gars à l’accent du sud ». Ceux là sont recrutés pour leur bonhommie. Dans leur bio, ils font systématiquement la fête au village dont ils sont la star. Très « second tier » par essence, il tient bien la route jusqu’aux derniers épisodes car il réussira à se rendre sympathique de la majorité. Heureusement, « le gars du sud » est sous-titré, tout comme son homologue « du nord », très populaire après les ch’tits. Beaucoup plus rare, c’est le candidat asiatique (aucun depuis Sakohne) et le juif (pas vu pour l’instant).

Mais ils ne sont pas aussi indispensables que le duo noir et arabe. Si l’on fait une statistique des dernières années, le noir est en général ultra sympathique, tendance sourire Uncle Ben’s (“c’est toujours un succès”). Il est soit sportif de haut niveau (un truc d’homme genre foot us) ou alors préparateur sportif, un coach (ce qui permet de caller des ass shot dans sa bio, malin). Ca lui confère une aura qui lui permet de diriger facilement ses troupes. Tips si vous voulez participer : se mettre dans son équipe ou celle du militaire, c’est la garantie quasi certaine d’aller au moins jusqu’à la réunification des équipes. Le candidat arabe est choisi généralement pour sa bipolarité valeurs+grande gueule. Les coups de colères les plus fous, c’est lui. Il est l’entité garantissant le Zapping pour 10 ans sans parler des liens Youtube. C’est systématique. Comme il est joyeux et chaleureux (insérez images de fêtes avec la famille), il se met bien avec “le gars du sud”.

“Kate, we have got to go Back!”

Chaque année, de jolies blessures.

Tout comme les JT, Koh-Lanta a ses marronniers : la glace où l’on se regarde après des journées à rien bouffer, la séquence des lettres de la famille (écrite deux jours avant le départ du gonz), et les inévitables feux de camps chapeautés par la statue du Commandeur postmoderne, Denis Brogniart et ses chemises à poches d’aventurier. Il te regarde avec les yeux à la Clint, un peu dompteur de lions. Chacune de ses phrases est là pour te rappeler qui est le maître du jeu. Pour lui tout est crucial, déterminant, chaque acte est « héroïque » ou bien au contraire « pas très fair play ». La star du show c’est lui, son timbre se répandant sur la moindre séquence.

Une séquence sur deux, le professeur lève son doigt au ciel.

Le fonctionnement de Koh-Lanta est simple, il réutilise les ficelles de l’actionneur blockbuster, sur l’identification probable avec un des participants. Il n’y a que le sacrifice final évoquant aussi bien les rites KKK (la photo du candidat flambe, les torches etc) que Sa Majesté des Mouches. Après tout, les candidats luttent pour récupérer un « totem » qui, tel la conque, doit les rendre « invulnérable ». Cela nous permet d’avoir de magnifiques saillies de type « je vote contre lui car ce n’est pas un pur rouge » et autres métaphores xénophobes, sans même s’en rendre compte.

Mais sans toutes ces règles absurdes, rien ne tiendrait en place. D’ailleurs à propos de règles, c’est sans doute elle qui font que Koh-Lanta est encore une real tv : une manière de scripter le quotidien. On parle de rule bending : un camp manque de bouffe, paf, on leur balance un sac de riz avec un participant de réserve. Tous les moyens sont bons. Une équipe devient trop forte ? Paf, par miracle, une équipe mal partie a le droit de piocher chez l’adversaire (au hasard, le black ultra baraque). Le petit monde de Koh-Lanta, au casting méthodiquement respecté mais évoluant chaque année nous offre des bons moments de nawak. Les trahisons sont les plus courantes, mais c’est quand elles sont les plus folles qu’elles deviennent réjouissantes. Mes préférés : quand les candidats, seul ou en groupe, refuse le système. N’oublions pas qu’il est filmé par une équipe, almost 24/7, qui elle, bouffe à sa faim et qui est en plus payée. Le candidat malin qui comprend la machine et arrive à s’arracher du déterminisme des scenarios et des castings. Les moments de ruptures, de la petite intervention de « la prod » à la mythique « chèvre à la machette » (c’est beau comme du La Fontaine !) à celui qui s’abstient de faire de commentaires ou un autre qui fait un baroud d’honneur envers et contre tous, tout ça représente les petits éclairs de naturel dans une machine à entertainer le public TF1, quelque part entre le pathétique, le brillant et le naturel, un vrai romantisme décalé et décadent.

Ouais, ça non, trop nul, on zappe.