Camarade de jeux

Vagues portraits d’il y a 2 mois.

Matisse le marabout

Parfois on est triste. De la vie, du non à l’Europe, etc On ne voit guère plus que les rails du métro comme échappatoire. Il existe un remède insensé. Le meilleur. Matisse. Il y’a 2 ans, j’étais tombé sur une photo de Matisse “dernière période”, les 10 dernières années. Après une opération qui l’a laissé proche de l’infirmité, Matisse a continué à peindre et à créer. Il n’a pas baissé les bras devant le sort qui le frappait. La photo le montrait avec un pinceau attaché à la main, impuissant qu’il était à le manipuler normalement. L’expo que lui consacre en ce moment le Sénat, présente ses dernières années, ses pochoirs, ses découpages et ses correspondances. Il n’a jamais perdu sa joie de vivre, malgré le sort qui lui a imposé de lourdes épreuves sur son chemin. C’est poignant comme un récit de survivant de la Shoah, émouvant à en chialer. Matisse devrait être remboursé par la sécu.

Robert Mallet-Stevens

Il est des expos qu’on choisit exprès pour éviter des statues cubistes qui feraient peur à un bébé. Robert Mallet-Stevens est de celles-ci. L’expo canonique du moment lui est consacré à Pompidou et il serait sacrement dommage de la louper, d’autant qu’elle est, contrairement aux habitudes, pas gigantesque. On plonge dans l’archi post WWI. A priori, je ne suis pas 100% acquis d’avance. On va dire qu’avec l’arrivée des nouveaux matériaux comme le béton, l’archi des années 30 entre dans une espèce de classicisme moderne (oui, j’ai une passion pour l’archi parisienne, et plus particulièrement les façades. Un jour je parlerais de différents bouquins là-dessus). R M S lui est dans une espèce de cubisme fonctionnel, doublé d’un goût certain pour l’art moderne. Enfin, je n’en sais rien mais ça se devine. Faut l’avoir l’idée, de fabriquer en 1930 des arbres en béton^^ Enfin si vous voulez voir une expo consacrée à l’archi, avec quelques designs de mobilier, foncez. Ce type était clairement une classe au dessus de pas mal de ses contemporains français.

le site: http://www.cnac-gp.fr/

Lemming

Après un intéressant Harry, un ami qui vous veut du bien, Dominik Moll revient avec le même genre de thriller psychologique lent, en y ajoutant une touche de fantastique. On commence à comprendre ses fixettes (l’hélico-web cam, réminiscence des délires de singes volants dans Harry, les musiques etc). Ici l’histoire repose sur la théorie du grain de sable (un lemming coincé dans un tuyau) qui vient déglinguer la vie d’un couple modèle. C’est assez chiadé visuellement mais c’est surtout le côté sonore qui est vraiment traité avec une grande classe. Le problème tient dans son côté “fantastique”, absolument pas crédible et c’est vraiment dommage. Les effets en images de synthèse sont aussi risibles qu’inutile. Et alors la fin racontée en voix off, c’est assez hallucinant, on dirait que ça a été bricolé au dernier moment. Dommage donc, mais bon, parait-il que l’étape du deuxième film c’est dur dur.