Ou “la confusion des noms”. Maintenant, quand on parle de la série TV “Avatar”, tu dois bien préciser “the last airbender“, sinon paf, on confond avec le machin de Cameron qui a fait une OPA sur le mot. Parce que jusqu’à l’année dernière pour moi, cette série “Avatar”, ça évoquait ce truc :

Le jeu qui te donne 1000 points de succès facile sur ta x360, sans broncher. Cheapos, comme l’image que donnait la série animée destinée aux mômes (hey désolé, pas la bonne génération pour apprécier) mélangeant un peu tout ce qu’il y a d’asiatique, principalement le Kung Fu, le soja et les kimonos aux couleurs de la bière Kirin. Du coup, l’imagerie globale est à peu près ce qu’on est en droit d’espérer, c’est à dire des caractères chinois dessinés avec l’aplomb d’un resto brochette-fromage. Les bases du monde, son univers, tout ça a l’air aussi solide qu’un design bien naze d’un jeu iPhone fini au crayon de couleur. Mais là, en plein été, v’la Shyamalan qui déboule avec une adaptation de cette série. Le Shyamalan, ouais, celui dont le dernier flick il y a deux ans, un film de suspense en non-sens, où le vent se faisait némesis. Il revient quand même de la jeune fille et l’eau, donc on va essayer d’être gentil avec le mec. Et là, c’est un actionneur ! Hell yeah, tu te dis. Et une ligne de plus au dossier des blockbusters 2010 qui n’en peut plus d’attendre The Expendables.

Le problème (ouais, y en a un, tu le sentais venir), c’est que prendre un garçon blanc pour faire le héros, un moine bouddhiste de combat, c’est craignos. Jeez, les mecs, wake up, c’est l’Asie, le continent des arts martiaux, vous pouviez pas prendre un petit chinois entrainé depuis l’âge de 5 ans comme c’est la norme dans les écoles pro de kung fu, là-bas ? A la place, on a un babtou aux moves mous, sans cheveux pour faire le bonze. Un taoïste centriste dans une école où l’on voit des filles s’entraîner. Pas obligées de se raser le crane. Sympa pour la vie de moine, les meufs. Mega-toc. Tout le film, je n’ai pensé qu’à ça :

Ouais, à tous ces Jean-Philippe qui vont en Asie et qui reviennent ici pour vivre en toge et un bol de riz, prêchant la bonne parole à la TV.

Et le film ? La même chose que Percy Jackson en fait, du teen achievement movie : Pour X raisons, “le Héros” a du mal à trouver sa place dans le monde. “Il comprend que sa vie ne sera jamais normale. Caprice. Epreuves. Et puis pour finir séquence d’éveil à son pouvoir et à sa destinée”. On ne peut pas faire plus “by the book” que the Last Airbender qui en plus se décline en 3 films, comme si désormais, la fucking norme, c’est de ne plus faire tenir les histoires en un seul long. Putain de trilogie. Hormis quelques scènes d’action oméga-molle -dont un plan séquence où tout le monde attaque à tour de rôle, comme dans un rpg, ce qui devrait rentrer dans la catégorie des mauvaises idées de cinéma-, le reste tient à peu près malgré la moitié des ennemis, parfois au charisme de vendeurs de sandwichs grecs. Ils sont parfaitement distinguables genre “on est le feu, haha les méchants et on fait un génocide”. Le Shyama, on le sentira, mais seulement au début, quand le môme Avatar marchera sur les ossements de ses anciens amis disparus. Puis il s’estompera pour laisser la place à une machine un peu impersonnelle mais qui fonctionne par moment. Mais pour un récit assez dur, il n’y a aucune violence à l’écran, même pendant les grandes batailles, laissant planer un conflit plus grand, celui de Nickelodeon et le positionnement pour gosses VS Shyama.

Je t’avoue un truc, je ne connais pas du tout le dessin-animé, n’en ai pas grand chose à faire, mais l’entreprise semble bien plus sincère que le craptastatic suprême Dragon Ball Evolution. Shyamalan ne fait pas là son film le plus perso, mais la distance avec le sujet lui permet de ne pas sombrer dans le n’importe quoi sirupeux de la jeune fille et l’eau.

C’est donc en toute logique un:

et demi, pour le principe.

C’est le moment de vous présenter un nouveau logo spécial Kamui Robotics que l’on verra, je l’espère, le moins souvent possible.

Juste un mot : il n’y a RIEN qui justifie la 3D dans ce film, rien ! Ça n’ajoute rien à l’expérience, souvent le rendu n’est pas à la hauteur de cette marque sur le pif digne des lunettes de plongée qui te donne une gueule de castor et ici ce n’est jamais jamais justifié par l’action. C’est le dernier film que je vais voir dans ces conditions. Pas Airwolf du tout.