Archive for July, 2006
Un projet socialiste ?
Jul 28th
Avant de faire ces quelques remarques, il faut au moins reconnaître une qualité à ce “projet”, il a réussi à un peu attenuer la dérive droitière de Ségolène, ses camps de redressements militaires avec des miradors. Ensuite, ze project est dispo sur le site du parti socialiste en format pdf. Et très franchement, ça ne fait pas bander dans les chaumières.
Tout d’abord, ami jeune, on te promet le retour du service… Civique et obligatoire. Dans le vieux mythe du pensionnat, ça fait plaisir aux seniors. T’as de la chance, ce sera mixte, tu pourras même te choper des meufs, comme à la colo. En plus y’a le mot “valeur”, très important… “La communauté nationale autour des valeurs communes”. De 18 à 25 ans, il est obligatoire donc pour les français, mais disponible sur volontariat pour les étrangers, dont “l’accès à la nationalité sera facilité”. Cool, une queue V.I.P pour la citoyenneté. Ca, c’est de la valeur commune.
Ami internaute, il “veilleront à ce que le financement de la création soit préservé et adapté au numérique et à l’internet”. Note: on n’oubliera jamais que l’emploi de “L’internet” avec un L apostrophe indique en général une non maitrise du sujet. C’est une généralité totalement vérifiable statistiquement. Donc, “les auteurs et les créateurs doivent être rémunérés pour leur travail. De nouvelles sources de financement seront recherchées en mettant à contribution les principaux bénéficiaire de la création (fournisseur d’accès, opérateurs de téléphone, fabricants de logiciels et de matériel).” En gros, mec, tu vas MORFLER !
En plus de prendre un emprunt européen (super idée, la France n’est pas assez endetté comme ça), je lis “nous veillerons au renforcement des moyens budgétaires afin qu’ils retrouvent les plus hauts niveaux connus sous la gauche depuis 1981″. Ca ne mange pas de pain. Vous en voulez d’autres dans le genre ? “Nous procurerons aux sportifs de haut niveau les moyens de défendre au mieux les couleurs de la France, dans les compétitions internationales, avec une attention particulière pour leur formation en vue de leur reconversion”. Comment ? On le dit pas. Super. Et puis surtout, c’est très très important. On devrait aussi lancer un programme de reconversion pour les anciens rappeurs, car faire wesh wesh après 38 ans, ça ne rime plus à rien. Dans le genre irréalisable, et là on se tient le bide: “Nous favoriserons un audiovisuel fort pour une télévision de qualité où le pluralisme de l’information sera restauré. Ce qui suppose une redéfinition du cahier des charges et des contrats d’objectifs et de moyens de chaînes publiques. Il faudra veiller à ce que les ressources propres de la télévision publiques soient placées à un niveau suffisant pour leur permettre de répondre à ces missions. Nous instaurerons une taxation des recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l’audiovisuel public.” Mais ouais, accroche-toi, petit. Gagne ta campagne sans passer à TF1 et tu seras un maitre Jedi. Enfin, un indispensable petit “Pour protéger nos concitoyens et garantir une sécurité durable pour tous et partout, nous mènerons une politique de fermeté contre la délinquance et contre ses causes.” Ils auraient pu ajouter “et pour se faire, Actarus va être nommé Ministre de l’intérieur”. Mais le top, sans doute un des gros points où l’on voit à quel point ces gus sont à côté de la plaque, c’est dans: Pour la lutte contre la prostitution et le proxénétisme. “Au rang de la lutte contre toutes les formes d’exploitations commerciale de la personne humaine en général et des plus faibles en particulier, nous considérons que la prostitution et son organisation à travers des réseaux mafieux doivent être sévèrement combattues en mettant en cause, notamment, la responsabilité des clients.” Ouuh les clients. C’est bien, Sarkozy avait déjà fait des calamités sur le sujet, les socialistes croient pouvoir faire mieux. Pénalisation des clients. Mais réfléchissons deux secondes. Je ne connais pas de prostitués, donc pas de sexe rémunéré, mais comme tout le monde, je connais au moins superficiellement, le système, les macs, les manières de tenir leur troupes. Sarkozy a montré qu’en attaquant directement les prostitués, on fabrique au contraire une forme de misère. Les filles deviennent plus facilement contrôlables, plus extorquables. Pour survivre, faut être dans les réseaux. Pénaliser le consommateur (qui indirectement paye aussi l’état, la prostitué étant une contribuable), et c’est rendre encore plus intenable la situation pour elles. Un raisonnement aussi simpliste que “bah on vire les putes et comme ça, plus de prostitutions”, me fait systématiquement penser à la binarité du raisonnement sur la violence des images et leur condamnations consensuelles par les Paul Amar. “ah le cinéma est responsable de la violence dans les cinés”. C’est là tout le problème de ces intentions, c’est qu’en plus de ressembler à une shopping liste sociale, elles sont basés sur une observation simpliste de la société, qui croit qu’en renforçant l’autorité, on arrivera à rendre aux citoyens le sentiment irrationnel de sécurité.
A la vue d’un tel panel d’intentions, on peut être perplexe. A quoi ça sert d’être une force d’opposition si c’est pour arriver à quelque chose qui sera très similaire au pouvoir en place, sans proposer une autre forme de réflexion sur ce qui part en vrille dans notre société. Mais plus encore, c’est l’apparente unanimité pour ces quelques pages qui est flippante. Le parti politique est l’ennemi de l’individu, ça, on le sait. C’est la stratégie du consensus mou. Regardez un gars “intègre” (ou considéré comme tel) comme Montebourg qui préfère s’allier par pure stratégie à Sego et on aura compris le nœud du problème. Un projet unanime.
On rit, mais le programme de l’Ump, c’est son bilan.
Conversations with other women
Jul 24th

J’ai du mal avec le titre de Conversations with other women en France. Pourquoi Conversation(s) avec une femme ? Peut-on d’ailleurs avoir plusieurs conversations avec une femme ? Une question quelque peu sans réponse dans ce film puisque c’est l’histoire d’un mec qui retrouve son ex à un mariage. Forcement, ça bavarde. Ah ça oui, verbeux est le mot. Finalement, c’est une comédie sentimentale gentillette, futée et sans doute nettement plus intéressante que toute celle de la filmo de Sandra Bullock. Pas difficile. Les deux acteurs s’en sortent bien (dont l’ex égérie de l’underground Helena Bonham Carter, miss Burton et sans doute la cause directe du ventre mou actuel de son jules).
Ah oui, surtout évitez le premier rang : le film est partagé par un split screen continuellement qui vous filerait la migraine.
la Marionnette et le Nain
Jul 21st

Attention, coup de cœur. Žižek est mon auteur de chevet depuis quelques mois et après avoir dilapidé tout ce qui ce fait en français, il va me falloir puiser dans ses écrits publiés aux USA. Žižek (avec double accents, oui) est un philosophe et psychanalyste slovène qui fut longtemps interdit de publication comme tous les esprits non communistes de ces régimes. Son travail puise principalement sa source sur la psychanalyse lacanienne, et l’a conduit à travailler sur des sujets aussi varié que la tolérance, la mondialisation, la réalité et l’identité. Penseur qu’on peut qualifier de gauche, il s’en prend au communisme, au socialisme européen tout autant qu’à l’antiaméricanisme primaire de ces 10 dernières années. Mais la spécialité du gonz, c’est les parallèles avec la culture populaire classique : Spielberg, Harry Potter, l’évangélisé Judas et Matrix (un des axes premiers de son bouquin « Bienvenue dans le désert du réel »). Mais son meilleur disponible est « la Marionnette et le Nain », une relecture du christianisme par le prisme de Lacan et de Hegel, iconoclaste pour peu qu’il reste quelque chose de subversif dans une réflexion profonde sur la religion qui va jusqu’à une métaphore de l’œuf Kinder. Le grand écart. En plus, certains passages sont vraiment désopilants. Rigoureux et pragmatique, athée mais ouvert, c’est, quoiqu’il en soit, un bien malin livre de philo moderne, très au dessus des gus français qu’on nous sert dans les Campus et autres émissions littéraires. Žižek, le compagnon idéal de vos vacances.
Archive (2001, nu)
Jul 18th
House of W
Jul 16th
Changement d’adresse
Jul 15th
Sans image.
En général, quand la critique vous vend « un univers » en parlant d’un réalisateur, c’est une manière détournée pour dire que ça ne plaira pas à tout le monde. Un « univers » en comédie, c’est segmentant. Il y’a les 8-14 ans de Scary Movie, plus cinéphile pour OSS, l’humour démago de Camping, nos Jours Heureux fédérateurs, Les Bronzés pour les trentenaires nostalgiques, l’humour judéo-new yorkais intello de Woody Allen etc etc… Il faut bien mettre ses marques pour ne pas se marcher sur les pompes. Avec « Changement d’adresse », j’ai découvert « l’Univers » d’Emmanuel Mouret, ultra soutenu par une critique ultra dithyrambique qui le qualifiait au minimum de truculent et de fin. Et en général pour bien appuyer, le réalisateur sort dans les interviews des noms d’auteurs. Allen. Rohmer etc etc. La dernière fois que je suis sorti horrifié d’un film à qui on a fait autant de lèche devait être Rois et Reine (dont l’acteur fut césarisé par la suite). Mais là, c’est la claque. Une espèce de marivaudage mou, un peu comme si on avait donné un caméscope au premier de la classe de votre lycée, celui avec la raie au milieu et les pulls à carreaux. C’est bien simple, rien ne va. Aucun trait de caractère n’est crédible, on est dans le gaga heureux. Et au casting, la neo-stardom Frédérique Bel (la minute blonde), pas gâté car elle joue comme dans ces scénettes de 3 mn. Ariane Ascaride, jamais loin quand on parle « d’univers » à la noix joue un rôle là-dedans. Forcement. Et le meilleur, figurez vous, c’est Dany Brillant. Oui oui. Un prof de cor (l’instrument, attention gag à développer)s’éprend pour sa colloc qu’il a vu 3 mn, mais il pourrait tout aussi bien tomber amoureux d’un lampadaire. Il la drague de façon molle, soutenue par sa colloc neuneu (la blonde susmentionnée). Triangle amoureux tout ça. Si c’est pour donner une indication, il rentre dans mon trio de films révoltant que je n’ai pas pu finir, puisque sorti de la salle. HO RRI BEULEU.









Com-Robot