Cinématographe
We bought a zoo
May 2nd
Le principal reproche qui revient à propos de We bought a zoo tient uniquement à son affiche. Scarlett Johansson, moins belle qu’elle ne l’a jamais été, moins sexy que nos pires cauchemars, et tout cela à cause d’un gros Photoshop FAIL.
La vérité, c’est que dès sa toute première scène, elle y est habillée avec une élégance toute normande des mauvais jours, des bottes en caoutchouc à la capuche d’un coupe-vent usagé ? La combi de Black Widow parait déjà si loin. Est-ce que ça vaut le coup de continuer dans ces conditions… ? Et puis, franchement… un zoo ?
We bought a zoo cache aussi son véritable sujet derrière cette affiche loupée. Ce n’est pas tant un film sur un mec qui décide de vivre dans un zoo racheté avec tout l’argent du veuvage, au milieu de nulle part avec ses deux enfants. Un film sur le deuil, sur l’impossibilité de se consoler autrement qu’en se fixant un but absurde pour exister. Benjamin Mee (Matt Damon, toujours merveilleux de justesse et d’intelligence) a perdu sa femme. Et tout, absolument tout, lui rappelle ses années heureuses qui ne reviendront jamais. Ce qui nous amène à la réhabilitation d’un zoo, pour que le spleen de ses enfants arrêtent de les ronger. Tout simplement.
“Based on a true story” qu’ils disaient, comme pour nous faire oublier l’absurdité du procédé et la cruauté du destin. Mais la douleur jouée Matt Damon est perceptible à chaque plan, celle du mec qui souffre mais dont le seul garde-fou est ses deux gosses. Vraiment true story, maintenant ? Dévasté par le chagrin d’apprendre que sa mère n’avait plus aucune chance de sortir de son coma, Robert E.Howard, le génial auteur de Conan le Cimmérien, est allé chercher le Colt planqué dans la boite à gants de sa voiture.
Untrue story ? A la mort de ses parents, Bruce Wayne, que j’aurai passé toute ma vie à étudier, a déclaré la guerre au Crime tout entier. Et en priorité celui qui pollue sa ville. Un objectif qui semblera totalement vain pour quiconque ayant une approche un tant soit peu “réaliste” du Crime. Wayne va encore plus loin dans son travail de deuil, puisqu’il renonce à toute possibilité d’une vie amoureuse et d’une paternité traditionnelle pour sa lutte obsessive pour la justice.
Le deuil de Peter Parker est encore plus difficile puisqu’il est directement responsable de la mort de son oncle. À cause de son erreur, il ne renoncera plus jamais. Double peine, il doit aussi s’occuper de son Aunt May qui, la pauvre, en mourrait si elle apprenait qu’il est Spider-Man, le “hors-la-loi” que tout le monde recherche, ce qui fait de lui un personnage fictionnel plus tragique encore.
On en revient à acheter un zoo sur fond de musique de Sigur Rós, en pleurant en passant en revue les photos de celle qu’il aimait dans son disque dur. On se rattache à tout ce qui est possible, quitte à passer des journées à chercher le jpg d’un instant qui n’existe plus que dans son souvenir. Il faut trouver le moyen de vivre avec. Et si, en fin de compte, Scarlett Johansonn lui tombe dans les bras, ce ne sera pas une récompense qu’il aura démérité. Car que ce soit lui, racontant son amour balbutiant à ses enfants orphelins de leur mère, que ce soit Thomas & Martha Wayne, une épouse décédée ou Oncle Ben, on ne s’en remet jamais. C’est final.
The Avengers
Apr 20th
J’ai déjà de la peine quand je pense à Avengers. Oui de la tristesse à l’idée de tous ces films qui vont tenter d’essayer maladroitement d’en comprendre la recette, de copier ce petit bijou d’ingéniosité et d’écriture qui défile, bien compact, en deux heures et demie. Et on se demandera alors, devant ces daubes, si c’était bien la peine de nous “Avenger”, si ça valait le coup d’avoir mis la barrière aussi haut si c’était pour retomber aussitôt.
C’est Whedon qui avait soufflé à Bryan Singer les pires répliques de X-Men, celle où les personnages se moquaient d’eux-mêmes. Déjà une raison de se méfier de Joss. Mais les films de X-Men ne fonctionnaient pas vraiment car ils essayaient trop lourdement d’être une métaphore. “Faire passer un message avant tout” n’est certainement pas la raison d’être des Avengers existent. Les X-Men sont des rejets d’une société qu’ils protègent malgré les persécutions qu’ils subissent. Les Fantastic Four est une famille mue par la soif de science et d’exploration. Mais les Avengers, c’est le club le plus fermé de super-héros. Une élite qui ne se réunit pas parce qu’ils s’apprécient mais parce qu’ils sont les seuls capables de sauver le monde, c’est aussi simple que cela (d’ailleurs, semaine prochaine, article sur mon story arc préféré d’Avengers, be there).
Pour être honnête, je lis des comics depuis que j’ai 5 ans, j’en achète toujours chaque semaine et dévoue sans doute un temps bien trop conséquent à leur analyse (genre ça ou ça). Mais même comparé à un storyarc de très bon cru, Avengers tient le coup. Mieux que ça, il se classe en tête de peloton. Sans doute parce qu’il a été fait avec dévotion et soin. Et qu’ils n’ont pas la réussite facile.
Tous les dessinateurs et les auteurs tirent la langue à ce sujet, écrire un “team book” est vraiment compliqué. Dans les Avengers de Whedon, il y a un parti pris clair de la jouer à la Christopher Reeve, c’est à dire en y croyant eux-mêmes. Et ce n’est pas évident d’avoir l’air convaincu quand on affronte une armée lambda en plein New York ou quand Thor tournoie un marteau qui va lui permettre de s’envoler. J’aime autant l’air concerné du soldat Rogers que l’attitude grivoise & débonnaire de Thor à rappeler à chaque phrase qu’il est un dieu. Et Mark Ruffalo est génial, jusque dans son explosion de rage, dans sa manière de composer avec la colère sourde de Banner/Hulk. Et Downey… well, c’est Downey… Mais plus que leur jeu, c’est grâce au script que tout fonctionne. Sans doute parce que Whedon est meilleur pour adapter du Whedon, les one-liners et les punchlines s’enchaînent avec un goût certain pour l’humour décalé. Chacun a sa grande scène d’action pour briller, oui, mais il faut voir comment sont construites les scènes de dialogues…
Loin de temporiser l’action, elles permettent aux personnages de se développer sous forme de “Team Up” de manière parfaitement organique. Chacun aura eu son échange sans que ça paraisse poussif, justifiant du même coup la présence de deux humains entraînés mais résolument “normaux” comme Hawkeye et Black Widow. Il faut laisser de l’espace pour que chacun puisse y exister sans qu’ils se piétinent, sans que cela ne ressemble à un pornfest d’action-figures qui se cassent la gueule en images de synthèse. Hé, les G.I. Joe, regardez bien comment on fait, Avengers est aussi une notice d’explication pour toi et tous les autres. Car c’est bien beau, d’affronter des loustics venus d’une autre dimension, Avengers le comprend bien et ne perd jamais ce rapport au réel indispensable et que j’adore. Comme une simple carcasse de voiture propulsée par un marteau magique asgardien. tout simplement.
Oui, tu vas hurler lors des scènes d’action, ces clins d’œil appuyés, ces whedonnisme assez géniaux comme cette Scarlett qui assomme 3 mecs en étant attachée à une chaise (et rien que taper ces mots me fait plaisir), et surtout ces purs moment badass qui m’ont fait lâcher quelques “wow” de pur bonheur fanboy aussi surement que la valise de Tony Stark qui se changeait en armure dans Iron Man 2. Non, encore plus badass car Avengers monte en puissance à chaque fois.
Avengers respecte parfaitement le rythme des grandes storylines de ces comics à la Kirby qui t’éclataient des galaxies à chaque page. Le drame super-héros type en trois actes, les combats entre héros car c’est ce que font les héros Marvel puis l’union sacré. Avengers est si bien écrit qu’il va faire la nique à tous ces super-héros modernes, bédé comme ciné, qui vivent dans des bunkers en y faisant de la muscu en attendant le prochain danger. Après le mauvais trailer (Iron Man 2), après la sitcom péplum (Thor), après le blockbuster vintage (Captain America), d’une subtilité purement Silver Age, Whedon leur redonne même cette identité très humaine qu’il faut préserver. Comme pour mieux en refaire des super-héros.
Summer Blockbusters 2012: L’Alternance
Apr 20th
D’habitude, je place ici deux, trois vannes sur les marronniers, “haha les dossiers francs mac’ et immobiliers des news magazines, c’est comme les explosions chez Michael Bay”. Mais là, non. Stop. Fini de rire. Je veux que ce soit une bonne année niveau blockbusters. Je la veux au moins aussi belle que 2008, qui était aux blockbusters ce que les années Jospin étaient à nos vies: les meilleures. Je veux que 2012 soit mieux que 2011, moins meh que 2010 et certainement plus mémorable que 2009. Je suis en manque. Je veux sentir les balles voler, voir les mâchoires se fracturer contre des abribus, des némésis rire à gorge déployée avant de se faire shoryukenner le visage. Je veux des mecs qui se bricolent des tri-bâtons avec deux bouts de ficelle. Je veux entendre les marteaux voler et des héros aux bras gauches ensanglantés. Plus que tout, je veux voir des chinois glisser en donnant des coups de pied en même temps. Ce n’est pas compliqué : je veux une putain d’alternance. Maintenant.
Sous les pavés :
La plage :
- The Avengers
- Lock Out
- Battleship
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- Men In Black III
- Prometheus
- Snow White & the Huntsman
- The Raid
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- The Amazing Spider-Man
- The Dark Knight Rises
- G.I. Joe (2) : Conspiration
- Abraham Lincoln: Vampire Killer
- Total Recall
- The Expendables 2
John Carter
Apr 20th
Il y a toujours quelque chose de triste quand un beau gros paquet de pognon loupe son destinataire. Un dessous de matelas oublié par un vieux monsieur décédé un soir de printemps, un ticket gagnant du loto oublié dans la poche d’un jean passé à la machine à laver ou encore un bon gros blockbuster affectueux qui manque son public…
Je voulais commencer par parler du supposé four commercial aussi injuste qu’une défaite de Jospin alors que le titre étrange choisi est beaucoup plus symptomatique.
“John Carter”
Alors qu’est ce qui cloche ? Avec cette adaptation quasi didactique de l’œuvre de Burroughs, tout semble avoir été gardé. Tous les putains de termes qui auraient peut-être mérité d’être “streamliné”. Des actionneurs, des films compliqués avec 10 noms chinois différents à la minute, pour toi et moi c’est no problemo. Mais le grand public, entre les “Tharks”, “Barsoom”, “Zoganda” sans parler de “Jarsoom” et du reste. À côté, l’écosystème fluo d’Avatar, c’est de la blague. Et le seul truc qu’ils ont vraiment viré ici, c’est le titre. Le “A princess of Mars” du bouquin est devenue John Carter. Sans “of Mars”. Parce que le public est sans doute bête, qu’il n’aurait pas compris que “princesse” dans le titre allait déboucher sur un film de garçon de la même manière que Disney a renommé Rapunzel “Tangled” aux USA. Parce que, sans doute, le monde aurait implosé de féminité, surtout après “la princesse et la grenouille”. Tu sens qu’il y a eu comme un gros problème de communication entre les signeurs de chèques et les artistes. Et c’est con de se prendre la tête sur ce point quand on a un film où un fringant gaillard, une épée dans chaque main, torse nu, se lance seul dans un combat perdu d’avance contre une armée de géants à 4 bras.
Parce que le reste est assez affuté, en particulier l’écriture. Car John Carter n’est autre que “Indiana Jones et le Temple Maudit sur Mars” ni plus ni moins. La fameuse princesse, bannie du titre, est pourtant un personnage fort, belle ( > à Olivia Wilde), limite habile et manipulatrice comme ces rôles féminins dans Game of Thrones. Même John Carter, brillamment interprété par le nouveau “go to guy” du film d’action, remplaçant habilement le Sam Worthington de base, arrive à rendre son background assez crédible. Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un film d’action pour enfants mais qu’il fait comprendre de manière assez limpide des concepts comme le deuil qui frappe son héros.
De la même manière que Super 8 était un film à la manière de, John Carter essaye de puiser dans le cinéma d’aventure des années 50. Il y a un mélange de Richard Fleischer pour sa fraîcheur et de ses némésis (McNulty, cœur avec des bouteilles de Whisky et Mark Strong, toujours droit dans ses pompes) et puis évidemment de Flash Gordon. Le côté Pixar se fait évidemment sentir, normal quand Stanton, le réalisateur, sort de Némo et de Wall-E. C’est tellement manifeste dans cette fabuleuse scène d’intro. John Carter, téléporté sur Mars, comprends qu’il y est plus léger sur fond d’espaces fordiens, une manière si Pixar de nous vendre des mondes en quelques plans. Ok, c’est une histoire “d’étranger de plus qui arrive en terre étrangère régler les problèmes des autres”.
Je me souviens de cette salle vide pour le génial Speed Racer que tout le monde déconseillait sans l’avoir vu. Sans atteindre la grâce véloce du délire Speed Racer, John Carter en garde malheureusement l’image du film maudit, d’un genre laissé à l’abandon telle une ruine romantique du XIXème, appelé à devenir culte car apprécié comme j’aimais aller voir Kirk Douglas à bord du Nautilus dans mon ciné-club chaleureux. Ne manque que la pellicule qui crépite et on y est.
Wrath of the Titans
Apr 18th
(Tu sens que j’accélère la machine pour être à l’heure pour Avengers, hein… Vendredi ici même… )
Wrath of the Titans, donc…
Déjà on avait du mal à cerner l’intérêt d’un remake de Clash of the Titans. Mais une suite d’un remake me fait d’un coup penser à la pertinence de la suite de Trois Hommes et un couffin version US, remember, avec Tom Selleck. Why, god, why !
C’est justement ces gods qui sont sans doute le nerf de ce péplum actionneur bizarre dont l’existence est sans doute justifié par une ligne dans les contrats.
Cependant, je peux affirmer que si tu as un fétichisme pour les vieux barbus en toge qui se font des câlins après des séances SM dans les caves de l’Enfer (ce qui est une sacrée niche), The Wrath of the Titans est TON film. Et je suis persuadé qu’il y en a que ça intéresse de voir Zeus, Poseidon, Arès et Hadès se prendre dans les bras en mode douceur, s’enlaçant de toutes leurs barbes.
Sam Worthington, le pinceau vide des actionneurs modernes, le moule dans lequel vient se déposer l’héroïsme estival, refuse d’aider son père Zeus pour se consacrer pleinement à son fils et à sa nouvelle audace capillaire. Une bonne scène d’action (la seule) va le faire changer d’avis. Mais en papa freudien, Zeus s’en veut de ne pas avoir accordé plus de temps à Sam mais vu qu’il n’a avait pas la garde… Puis on apprend qu’il y a un traître dans le petit monde de l’Olympe. Sam, à l’aide de son cousin qui semble sorti de Life of Brian des Monthy Python (bon point), va devoir réunir les trois armes forgées par Hephaistos qui, comme dans Power Rangers, va devenir une arme ultime dont même Wikipedia n’a pas entendu parler, celle qui viendra défoncer Chronos, le boss de fin de niveau.
A force d’éléments mythologiques balancés comme des plot device, ça en devient aussi chiant que ça en a l’air. Même sans son armure d’or du premier volet, habillé en loqueteux, Liam, l’homme qui murmurait des tessons de bouteille aux oreilles des loups fait de son mieux. Peine perdu, tout le monde se fait un peu chier, les acteurs comme les spectateurs. Don’t.
War Horse
Apr 16th
Okay, tu te demandés pourquoi le cheval de Spielberg dans ce prélude aux blockbusters, comment ce mélo quadrupède mérite de figurer dans cette liste.
1) War horse est l’occasion nous permet de rappeler que Tintin était sans doute le blockbuster de l’été 2011, à un détail près: il est sorti en octobre, après le cessez-le-feu des explosions hollywoodiennes.
2) Malgré son horreur chromatique qui donne l’impression que Steven a utilisé en même temps tous les filtres Instagram qu’il avait en stock, malgré le parachutage d’une séquence “petite maison dans la prairie” où Niels Arelstrup fait de la confiote à 500 mètres de la ligne de front de la première guerre mondiale avec du sucre sans doute parachuté par un généreux scénariste ignare, et bien malgré tout cela, il y a quelques scènes d’action intéressantes dont une de charge contre des gatling gun teutonnes, d’une fluidité assez extraordinaire sur fond de John Williams. L’air de dire “les années 80 à la bien, t’as vu”. Mais en fouillant bien dans ce méli mélo de couleur.
3) Et puis, quand on y pense, c’est l’histoire d’un cheval maudit car tout ceux qui auraient le malheur de s’en approcher finissent par crever. Pire que Destination Finale: le cheval de la malchance qui donne la mort , assez baddass selon mes critères.
Sherlock Holmes: A Game of Shadows
Apr 12th
Le résumé/ récap des Blockbusters de l’été, the story so far.
Transformer Holmes & Watson en héros de blockbuster avait tout d’un High Concept du siècle dernier alors que l’on sait tous, qu’en vrai, ce nouveau Sherlock au ciné a tout d’un soft porn à l’usage des dames désireuses d’un petit ménage à trois avec Jude Law et Downey Jr. Et comment te blâmer, demoiselle. Alors Game of Shadow en remet encore plus une couche en situations équivoques, travestissements et tétons mâle. Beaucoup de tétons. Et poils. Et travestissements.
Il y a dans ce Watson qui se marie pour se ranger des aventures, dans ce Holmes castrateur et impétueux comme un parfum de camembert Cœur de Lion, une espèce d’invitation gay (Downey) qui martèle la tête de son pote d’un message simple: “Allez quoi, laissez tomber ta gonzesse, l’aventure avec moi, y a que ça de vrai”. Soit ce mec qui essaye de l’attirer du côté obscur de la force alors que l’autre veut simplement manger son morceau peinard. Un instant de délicatesse freudienne.
Le reste du temps, on bascule dans un actionneur qui nous abreuve de sa crasse Slomo, confondant un peu extravagance et vacuité. Il n’y a rien qui ne se trouvait pas dans le premier film, on est plus dans un cas de catégorie ”Visiteurs 2“, où le réalisateur veut toujours en faire plus car il croit que c’est ce procédé qui a fait le succès du 1. Bah non, mec, ce qui était cool, c’est l’alchimie bizarre entre Watson et un Holmes qui fait du Wing Chun mindfucké.
Mais tout n’est pas à jeter. Malgré le charisme un peu falot de Moriarty, l’anti-climax final est assez génial. Game of Shadows joue très bien sur ces décalages, quitte à saborder des personnages en pleine route. Comme si le décalage même du film d’action ne fonctionnait plus et qu’il fallait faire dérailler l’itinéraire jalonné du blockbuster pour rendre ce Sherlock Holmes un peu plus mémorable.
Hunger Games
Apr 4th
Hunger Game est encore une adaptation d’une série de romans pour ado dont je ne connaissais pas encore l’existence il y a deux mois. Tant de romans cultes pour ados se succèdent à un rythme effréné, J.D. Salinger en a fait un arrêt cardiaque.
Le positionnement marketing de Hunger Games est simple, classique et ne manque pas de charme : un Battle Royale pour mômes. Mais comme toutes les adapts, son introduction est longue… Tellement longue. Si longue que le film donne l’impression de ne jamais se décider sur rien. On passe de la shaky cam foutue là on ne sait pourquoi, puis on passe d’un design “Europe de l’Est” à une espèce d’aristocratie baroque cousue d’après les chutes de costumes du 5ème élément, puis retour à une forêt équipée en matos Quechua. Peut-être que tout cela avait un sens dans les bouquins. Peut-être même que ça y est limpide. Mais après une exposition si longue où l’on comprend simplement que l’on est dans un futur dystopique, on a simplement envie qu’ils se finissent à la machette dès le début.
Car en gros, c’est du Battle Royale mais sans y toucher. Là où le film de Fukusaku s’abandonnait à la bizarrerie de son concept et surtout sans aucune retenue, Hunger Games est un film pour enfants & ados. Une ambigüité bizarre qui fait qu’on aimerait bien voir la gueule du parent qui emmenera sa fillette de 10 ans voir des films où des fillettes du même âge se font marav’. Et pourtant, je suis tellement pour la violence dans les films pour enfants. Cœur avec du barbelé.
Hunger Games a sa championne toute trouvée en la personne de Katniss, une fille forte de 16 ans joué par Jennifer Lawrence (mon cul, donc), Réné Zellweger en jeune dont on ne croit pas une seconde qu’elle vit dans la famine. Elle est volontaire aux Hunger Games pour éviter que sa petite sœur n’y aille, façon Ikki à la place de Shun sur l’îledelamortîledelamortîledelamort. Et sous la tutelle du génial Woody Harrelson en perruque ridicule, elle va se préparer pour être la survivante. Woody Harrelson, c’est le Nicolas Cage de gauche, un label qualité “maboulitude” évident qui lui explique qu’il ne peut en rester qu’un. Je l’aime.
saint seiya les chevaliers du zodiaque episode… par seiya92370
(direct sur le bon passage, bim)
Malgré tout le mal que se donne le film pour nous la présenter comme l’outsider géniale, la vraie tueuse, une chasseuse intestable qui t’allume à l’arc un pigeon à 50 mètres, elle va gagner (il y a 3 bouquins derrière, hein, pas de spoilz, mais bon) en ne dégommant que 2, 3 mecs et c’est tout. Moralité, les enfants, on peut être badass avec un bodycount minable. Et même quand la règle du jeu change, façon Denis “God” Brogniart, elle passe son temps planquée dans une grotte ou endormie sur un arbre. Pire, elle ne met aucune flèche dans le mille de tout le film ce qui craint un peu. La pression ?
On pouvait y voir un défaut d’écriture. Ou une pirouette d’auteur. Mais il y a sans doute quelque chose de plus intéressant. Contrairement au Battle Royale, elle rejette complètement le système du jeu auquel elle est soumise. “Are you not entertained ?”for kids.
La rébellion contre le système est le propre de ce genre d’histoire. Celle de Katniss se fait constamment dans l’échec, l’autodéfense et la mort. Sur le positionnement délicat de l’actionneur pour ado, Hunger Games n’est ni assez badass pour plaire aux cinéphiles, ni assez malin nous montrer le renversement de ce système en un seul film. On aimerait voir en quoi de Katniss victoire va changer quelque chose. Mais plus de deux heures… C’était déjà bien trop long pour Donald Sutherland qui donne l’impression de s’endormir entre ses deux caméo. Moyennement hungry pour les autres films.
Summer Blockbuster 2012 Prelude
Apr 4th
Saint Seiya le film live, le Casting Call
Mar 16th
Double actu Saint Seiya. Tout d’abord le jeu vidéo (plutôt réussi) que j’avais largement évoqué ici. De deux, on est à une quinzaine de jour de la diffusion de Saint Seiya Omega, le reboot japonais destiné aux plus jeunes. Mais ce qu’on aime, c’est le Saint Seiya original, le Sanctuaire, les bons épisodes canoniques avec Seiyar, Shiryû et les autres. Le mercredi aprèm… Si t’as pas connu ça, mec… fais quelque chose !
Et si on “castait” les acteurs idéaux pour un Saint Seiya live ? La règle du jeu ici sera de prendre les meilleurs d’aujourd’hui. Interdiction d’utiliser une machine à remonter dans le temps pour prendre un “Marlon Brando jeune”, le Brad Pitt de ’94 ou encore Patrick Swayze période Road House. Les plus adéquats d’aujourd’hui.
Honneur aux chevaliers de bronze, étape délicate où les héros devront avoir l’air héroïque mais aussi assez jeune. Dans le manga, ils ont tous entre 15 et 17 ans. Il sera difficile de faire aussi jeune mais on va essayer. De plus, je préfère prendre des acteurs relativement inconnus pour les rôles titres, histoire de placer de vrais bons acteurs pour les némésis. Allez, on se lance et on brûle son cosmos.
Seiya de Pégase / Logan Lerman
C’est le rôle le plus difficile à tenir. Car Seiya a toujours été à la fois le héros, celui qui est au centre de la photo, la tête à claque. Il prend tout l’espace. S’il était dans un groupe de rock, ça serait ce connard de chanteur qui répond aux interviews en oubliant les autres gus. Il lui faut beaucoup d’arrogance car en plus, peu de gens aimaient vraiment SeiyaR. C’est pourquoi Logan Lerman (les 3 mousquetaires 3D, Percy Jackson) sera parfait pour le rôle: il m’énerve déjà ! Le meilleur Seiya du monde !
Shiryu du Dragon / Nie Yuan
Mon personnage préféré quand j’étais ado. Mais toutes la difficulté du rôle, c’est de trouver un martialiste suffisament bon, charismatique ET jeune. Puis, le choc, j’ai vu The Lost Bladesman où il joue un petit rôle puis dans Three Kingdoms où il incarne Zhao Yun. Forcément, toujours en mode cheveux longs. J’avais mon Shiryu. Also, Google Image me dit qu’il est bien bâti, torse poil, ce qui n’est pas un mal vu que le chevalier du Dragon finit toujours à oilpé, sans son armure. Bon point.
Hyoga du Cygne / Jamie Bell
Les mecs de la team Shiryu n’ont jamais vraiment aimé Hyoga et vice versa. Pour notre blondinet, c’était toujours une question de grâce, en remuant les ailes comme une ballerine. Du coup, c’est Jamie Bell qui s’est imposé. Certes il n’est plus aussi blond qu’avant mais un peu de teinture fera l’affaire (on est dans Saint Seiya où les cheveux sont parfois verts, après tout). Et la grâce, de Billy Elliot à l’Aigle de la 9ème légion, il a ça en stock.
Shun d’Andromède / Dane Dehaan
Il fallait déjà choisir deux acteurs totalement différents pour Ikki et Shun car on a rarement vu des frères aussi peu ressemblants dans la vie. Sans déconner, Ikki aurait tout aussi bien pu être le frère de Seiya…
Shun, personne ne l’aime sauf les mecs qui aiment les cheveux verts et les filles qui dessinent des parodies yaoi (tu googles imageras sans moi !). Mon premier choix était Josh Hutcherson avant de voir des photos récentes avec le menton carré post-ado. Puis soudain, je me suis souvenu de Dane Dehaan, l’ado gay d’In Treatment saison 3 et le “Tetsuo” larmoyant de Chronicle. Bon acteur (le meilleur du lot, sans problème), il est aussi le comédien que j’ai vu le plus pleurer à l’écran de ma vie. Engagé !
Ikki du Phénix / Aidan Turner
Aidan Turner n’est pas encore très connu et c’est tant mieux. Je préfère prendre des jeunes en devenir pour les héros et laisser les mecs au charisme confirmé pour les méchants. Mais des jeunes charismatiques au regard bien zehef, c’est vraiment pas évident à trouver. Son rôle de vampire pour une série obscure, ok, on s’en tape. Mais bientôt, tout le monde aura vu Aidan puisqu’il joue Kili dans The Hobbit de Peter Jackson. Bonus hype, tu pourras dire “han mais je le connais déjà, ce mec”.
Saori Kidô / Emilia Clarke
Au début, je pensais prendre une japonaise pour ce rôle. Mais va en trouver qui soit à la fois bonne actrice, un peu girly / victime mais aussi bien autoritaire quand il faut. Toutes ces qualités, on les retrouve chez Emilia Clarke qui te flip-flop le gros barbare dans Game of Thrones.
Les chevaliers d’Or
Choisir les chevaliers d’Or était plus simple. Il y a plus d’acteurs intéressants autour des 35 ans et globalement, plus de beaux gars. On quitte le secteur des twinks pour celui du bégé avec du poil au menton.
Mû du Bélier / Orlando Bloom
Au début, je voulais un bon acteur pour jouer Mû. Ed Norton et son jeu maniéré (son Bruce Banner introverti me vient à l’esprit) était mon favori. J’ai décidé d’opter pour Orlando Bloom dont l’allure elfique photoshopé collera à merveille avec le chevalier d’or du Bélier, un tibétain réparateur d’armures qui passe son temps à côté du corps inerte de Saori sans bouger le petit doigt. Useful guy.
Aldébaran du Taureau / Vinnie Jones
“I’m Aldébaran, bitch” dirait Vinnie Jones, résultat évident d’un google image sur “Gros acteur badass”. Aldébaran n’a jamais eu beaucoup de charisme, je suis persuadé qu’il en gagnerait à être incarné par un mec qui a empoigné les couilles de Paul Gascoigne durant sa carrière de footeux. Le choix du cœur.
Saga du Gémeaux / Daniel Day Lewis
Qui mieux que Daniel Day Lewis pourrait jouer le mieux la schizophrénie du plus dramatique des chevaliers d’or ? Qui mieux que cet acteur “grand spectacle” spécialiste des grandes fresques pour incarner ce rôle double, sans doute le plus intéressant à jouer de tout Saint Seiya ? Le meilleur comédien pour le némésis, Daniel Day Lewis est donc né pour ce rôle.
Masque de Mort du Cancer / Vincent Cassel
Personne n’aime le chevalier du Cancer, à commencer par tous les mecs nés entre juin et juillet. Déjà, découvrir durant la récré que ton chevalier est “un méchant” mais qu’en plus, c’est une véritable crapule…
Le moment clef de Masque de Mort (un nom facile à trouver dans l’annuaire et sur Facebook…), c’est son combat contre Shiryu où il n’hésite pas à employer tous les coups bas, le regard plein de folie… Et qui maîtrise le mieux le registre de la folie sinon… Vincent Cassel ! La folie, sa marque de fabrique, du Pacte des Loups à Sa Majesté Minor en passant par Eastern Promises ou Black Swan, son registre principal… Je suis persuadé qu’il saura incarner Masque de Mort à la perfection et j’imagine déjà les yeux de maboule qu’il aura quand il tapera Shiryu au sol, bien lâchement.
Aiolia & Aiolos du Lion & Sagittaire / les frères Hemsworth
Le cas des frères chevaliers d’or est un peu particulier. Ils sont les rares personnages réellement grecs de la série. Mais surtout, contrairement à Shun et à Ikki, ce sont des frangins qui se ressemblent vraiment. Donc il faut des frères de la vie vraie, et pas simplement deux bogosses qui ont en point commun la barbe de trois jours.
Je jette mon dévolu sur les frères Hemsworth. Pour le Sagittaire, Chris peut paraître un peu paradoxal, lui qui s’est rendu célèbre en incarnant un dieu asgardien. Sorti des adapts des films de Marvel, sa musculature est totalement raccord pour incarner le valeureux Aiolos. Son petit frère Liam fera très bien l’affaire pour le chevalier du Lion.
Une pensée à toutes les coquines qui voudraient se taper les deux en même temps, Kamui Robotics pense aussi à tes fantasmes à toi.
Cassios, chevalier de rien / Mark Strong
Il faut un Cassios, fusible indispensable dans le combat Seiya VS Aiolia. Et je veux Mark Strong. Le go-to english pour les méchants du ciné US (Kick Ass, the 9th Legion, Sherlock Holmes, John Carter), c’est déjà un pro de la motion-capture (Sinestro dans Green Lantern). Et pour incarner un Grec noir qui fait 4 mètres, il faut un mec avec du charisme. Donc Mark Strong.
Shaka de la Vierge / Alexander Skarsgård
Difficile de trouver un blond aussi charismatique que Shaka, qui est quand même sensé être un indien, réincarnation du Bouddha vivant en Grèce. Tu parles d’un background compliqué. Et là, on m’a parlé d’Alexander Skarsgård venu de True Blood. Tu peux pas test, c’est le blond aux cheveux longs le plus classe de cette décennie.
Dôko de la Balance / Sir Ian McKellen
On parle voice acting d’un vieux flegmatique, là, et Ian McKellen, 72 ans, le fera très bien. Et ça le changera des rôles où il balance des éclairs avec les mains.
Milo du Scorpion / Luke Evans
“En vieillissant bien, Luke Evans a le potentiel d’un Viggo Mortensen”. Je crois que ma buddy ne voulait pas parler du talent d’acteur mais de son physique. Celui qui a joué un Aramis over-the-top dans les 3 Mousquetaires 3D (et de Zeus dans le très gay les Immortels) conviendra parfaitement à ce chevalier d’or, pas suffisamment puissant pour être considéré comme un grand combattant, toujours en bas de tableau des favoris en compagnie du Taureau.
Sagittaire / voir Lion
Shura du Capricone / Cillian Murphy
Lors de la première diffusion des épisodes du sanctuaire, je devais avoir treize ans et je me demandais quelle était la gueule du chevalier du Capricorne. Il faut se replacer dans le contexte… A cette époque où Internet n’existait pas et où le téléphone mobile était un vague délire S.F, nous n’avions que la diffusion du mercredi après-midi du Club Dorothée comme fix de Saint Seiya. Le manga n’existait pas en France, les scans et les fansubs non plus. Le seul moyen de se spoiler un tout petit peu la gueule, c’était de regarder le dos des boîtes de jouets pour essayer de deviner ce qui allait se passer. Je me souviens avec précision du moment où j’ai regardé la boîte de l’armure des Gémeaux en me disant “wow trop fort, il va faire des trous noirs“, des combats que je me suis ensuite imaginé avant de les voir à la télé. Mais avec le Capricorne, le jouet n’était pas encore en vente, on l’a découvert à la télé. Et quelle déception…
Après des moments cultes comme Shaka ou la maison de la Balance, on pouvait s’attendre à ce que les trois derniers chevaliers fussent classes. Puis apparut Shura du Capricorne, avec son casque débile et ses attaques chiquées. Comment diable le Capricorne avait-il récupéré Excalibur. En plus, j’avais l’impression qu’il louchait tout le temps, avec ses petits yeux cruels. Tout, du design au background, me paraissait un peu débile. Déjà, à 13 ans. D’ailleurs, ces combats sont balancés en deux temps, trois mouvements, deux épisodes et puis s’en vont… Il n’y avait que sa voix française, toujours le divin Henry Djanik (qui fait quasiment tous les méchants), que je trouvais cool. Je n’étais pas au bout de mes déceptions car je ne connaissais pas encore le chevalier du Poisson…
Mais pour ce qui est du Capricorne, je verrais bien Cillian Murphy,
Camus du Verseau / Michael Fassbender
J’aime Michael Fassbender too fucking much pour ne pas lui donner un rôle dans ce casting call. Le chevalier d’or du Verseau est toujours à un point d’équilibre un peu bâtard. Il a une classe indéniable mais en même temps, c’est le maître du maître ce qui fait de lui… pas grand chose dans la vie de Hyoga. Anyway, une certitude: il sait jouer le mec glacial qui pleure (Shame) et, on l’a déjà constaté, il peut survivre aux cheveux longs. Pour toi, Fassy, c’est cœur avec des glaçons.
Aphrodite du Poisson / Jonathan Rhys Meyers
Je ne sais pas si beaucoup de gens aiment Jonathan Rhys Meyers mais en tout cas PERSONNE n’aime Aphrodite, le chevalier du poisson. C’est le rôle le plus difficile. Dans le dernier combat avant le Grand Pope, il est là pour donner un peu d’importance à Shun, l’autre perso à la noix de la série, tellement à la noix qu’ils ont en commun d’avoir été doublé par des femmes en français. Au début, je pensais le refourguer à Ryan Gosling tout mimi qu’il est avec des chiots mais ce genre de photos a scellé mon choix. “Jonathan, tu es chat-bite.”
Mais rien ne remplacera le trait de Shingo Araki. Et puis dans 10 ans, faudra caster des autres acteurs (adieu mon Casting Call de Metal Gear Solid périmé) Je remercie Neokenji pour son soutien ainsi que les expertes en testostérones Deedo & Virgo pour l’expertise en virilité.
En bonus, le mini-trailer de Saint Seiya Omega:
Surviving is Fun, Partie 2: The Grey
Mar 14th
Jamais trailer n’a été aussi menteur que celui de The Grey (“le territoire des loups” en français). Car, bon sang, ces deux minutes me vendaient du rêve. Liam Neeson, survivant d’un crash, piégé dans la montagne, se fait un poing américain avec des tessons de bouteille pour aller boxer des bâtards de loup. De la testostérone toute trouvée pour Liam Neeson, l’action-movie star polymorphe, le mec qui te joue Hannibal dans A-Team aussi bien que Zeus dans Clash of the Titans en passant par Ra’s al Ghul et “random loqueteux Jedi de l’espace”. Tu parles. Dans la manière dont il est markété, à savoir comme un supermarché badass des années 80, The Grey est une belle escroquerie.
Mais le petit oiseau dans le noir au générique, une production Ridley Scott, soit le signe rassurant concernant la réalisation et surtout la direction photo se charge de faire démentir tout ce qu’on pouvait s’imaginer. Stan Lee, my man, conseillait toujours avec malice “de ne pas donner au public ce qu’il croit vouloir”. Et je n’ai rien contre à ce qu’on me mente si c’est pour deliver d’un autre manière. C’est précisément ce que fait The Grey en dégoupillant toutes possibilités d’un film de série B. Au lieu de voir un “7 salopards font du ski”, ce sont des loups assoiffés de sang qui vont croquer un à un les survivants… et ainsi provoquer une profonde méditation sur la mort. Tu m’étonnes, surtout quand tu vois comme les loups sont surnaturellement hargneux et intelligents comme des corbeaux japonais. Ils avaient l’air beaucoup plus choupi avec Hélène Grimaud…
A la frontière avec le survival pur, ses antihéros déjouent les clichés car ces gueules cassées ne sont finalement que des métaphores. L’histoire elle-même n’est qu’une parabole, dirigée par un chasseur qui n’a pas eu le cran d’en finir avec la vie et qui se donne l’illusion de la prolonger un peu. En cela, The Grey trouve sa majesté, en devenant dans sa neige hostile un des meilleurs films de “samouraï moderne” (think Ghost Dog), une éloge au bushidô au sens propre, celui de l’accomplissement dans la mort.
Et puis pour le fix du Liam militaro-badass que l’on connait, rendez-vous cet été pour Battleship.
Chronicle
Mar 6th
Voilà un film qui, en 90 minutes, raconte à peu de chose près la même histoire que la trilogie de l’enfer de Star Wars. La découverte du pouvoir et la démence qu’il entraine. Mais sans Portman, sans Hayden Christensen, sans assoupissants complots de fédération du Commerce spatial. Et Dieu seul sait qu’on manque de bonnes scénar de complots impliquant les fédérations de Commerce spatial. Donc un rise & fall, sans toutes ces merdes. Dans l’absolu, Chronicle est juste une histoire classique de teenage angst, d’un môme qui va finalement se laisser dépasser par ses émotions. Enfin, il a sûrement coûté autant que les cacahuètes de la projo presse de Star Wars Episode 1 3D…
Celui qui va péter un boulard, c’est Dane Dehaan l’ado à la frustration savoureuse qui avait déjà fait preuve dans la série In Treatment… dans un rôle d’ado gay frustré. On ne sait pas s’il sait jouer autre chose, mais ça, là, il le tient bien. Lui et ses camarades vont, au contact d’une espèce de machin venu de l’espace et qui ressemble bizarrement à la capsule du petit Kal El. Tout le miracle que réussit Chronicle, c’est qu’on finit par en avoir quelque chose à foutre de ces ados, sans que les dialogues soient trop poussifs ou qu’ils donnent l’impression d’être écrit par un vieux mec complètement dissocié de la réalité.
Malheureusement pour lui, Chronicle essaye aussi d’autres voies plus casse-gueule en jouant sur les points de vue, un peu comme dans l’immortel Le Jour et la Nuit de BHL, mais en version 2.0 (un prétexte à peine voilé de revoir mon YoutubeLoop préféré de tous les temps). On commence avec l’ado frustré qui se filme la gueule tout le temps, entre moment de vie à la Norman et l’émo post télé-réalité. Et comme il faut continuer sur le même procédé, Chronicle enchaîne astuce sur astuce pour continuer sur sa lancée, comme cette rencontre avec une vidéo-blogueuse, histoire de balancer quelques contre-champs. La caméra numérique, prétexte à quelques séquences de Jackass où les ados testent leurs pouvoirs va ensuite tournoyer dans les airs sous l’impulsion de maboule ado, à la Super Mario 64. L’idée rigolote devient alors un gimmick un peu usant qui donne envie de voir un director’s cut tourné avec un cadre fixe. Sur la longueur, ça n’apporte rien.
Chronicle aurait sans doute gagné à s’épurer de cet amateurisme maniéré, en lorgnant plus vers l’introspection super-héroïque à la Unbreakable. Mais en réussissant sa partie teen drama, il devient alors un rappel adressé à Hollywood: pas la peine de racheter des droits pour salir Akira. Le faire à sa manière peut parfois fonctionner, comme ici.


















































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