J’ai vu environ 120 films cette année en salle, j’ai décidé d’en choisir arbitrairement 20. (patience, les comédies françaises, c’est juste après). In memoriam, mon top 2012, 2011, 20102009

20) The immigrant

Les films de James Gray sont comme le bon vin, ils deviennent meilleurs avec le temps. The immigrant, malgré tous ses défauts (et ses tragédies qui tournent un peu en rond) ne fait pas exception à cette règle. Marion Cotillard joue mieux l’immigré polack que la fille de terroriste oriental dans Batman Begins. Et je crois qu’on n’aura jamais assez de Joaquin Phoenix.

19) The Master

Je crois qu’on n’aura jamais assez de Joaq… The Master s’ouvre sur Joaquin qui baise une nana/château de sable. Dès le début, tu sens que ça tourne pas très rond. Le meilleur PTA dans son ensemble, un film génial sur la manipulation. La scène où la caméra suit Phoenix qui s’infiltre sur le bateau est une de mes préférées de l’année.

18) The Perks of Being a Wallflower

“Le monde de Charlie” en V.F. Rigole pas, on a failli avoir “Very bad teen”. C’est le deuxième meilleur teen movie de l’année avec un trio d’acteurs déjà trop vieux pour leur rôle mais hé, c’est le genre qui veut ça. Emma Watson est encore plus belle que dans Bling Ring.

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Ouais, mieux encore. En 2013, elle incarne tout simplement l’archétype même de la fille dont on tombe amoureux au moment du lycée.

17) 9 mois ferme

On en reparle dans l’article sur les comédies françaises, ok ?

16) Cloud Atlas

Boursoufflé, sans retenue, à la frontière du ridicule, Cloud Atlas est comme tous les Wachowski post-Matrix, très sous-estimé. Il y a beaucoup à dire sur ce film étrange, bien plus qu’un “Où est Charlie” raëlien en tout cas. J’en parle ici.

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15) Zero Dark Thirty

Revenge movie de la lose absolue malgré la victoire télégraphiée au dernier moment. La simple existence de ce film est flippante.

14) Tel père, tel fils

Un beau film sur la difficulté d’être parent avec le même pitch de l’enfant échangé à la naissance à La vie est un long fleuve tranquille qui s’oppose complètement au déterminisme de ce dernier. On devrait offrir des projos aux mecs qui font “des manifs pour tous” . J’ai interviewé Kore-eda ici (à 10’04)

13) Rush

Le film avec le plus d’ass-shots sur Thor nu, just sayin’. Ron Howard est un réalisateur lambda tendance yesman chiant quand il s’agit de filmer le monde actuel mais avec les années 70, il se surpasse à chaque fois. Ron, reste dans les 70’s.

12) Django Unchained

Le Taratino le plus linéaire depuis… toujours ? Le moins féminin aussi. Et sans doute avec une bonne demi-heure de trop, après la bataille-catharsis. Mais la scène du KKK vaut tout le film.

11) The wolf of Wall Street

Leonardo grimace tellement que j’ai envie qu’on lui donne un oscar, juste pour qu’il arrête. Le rise & fall (quoique le rise dure le temps de 3 scènes, on y parle surtout du fall) d’un margoulin de la bourse, tourné comme un caïd de la mafia. Un tel niveau à 71 balais, c’est quand même impressionnant.

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Oh et ça.

J’ai entendu beaucoup de gens me dire que c’est “un film de connards” qu’ils n’ont pas supporté, ou même qu’ils ne sont pas allé voir. Comme si Godfellas et les gangsters, c’était “ok”. Alors que Wolf of Wall Street est un film sur l’addiction. Au pognon, au pouvoir, à la drogue. Tu sors de ça, c’est impossible de se dire “je veux faire ça comme métier”.

 

Je fais une petite pause pour James Gandolfini. RIP.

Et une pour toi aussi, Paul Walker.

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Vous saviez vivre.

10) To the wonder

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La caméra filme Olga. Il filme l’amour et Ben Affleck qui ne sait pas communiquer. C’est le film le plus simple de Mallick, il n’y a rien d’autre à comprendre.

9) Snowpiercer

Faire un film d’action pamphlétaire d’une bédé oubliée, c’est la classe Bong Joo-ho. Super simple et limpide, les scènes mémorables s’enchaînent. Le bonus point,c’est Song Kang-ho, le meilleur “rogue element” / second rôle de l’année qui dynamite toutes les scènes où il apparait. De l’entertainement malin.

8) Monster University

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Alors que Disney reprend Cars / Planes, Pixar se permet le luxe de sortir le meilleur teen movie de l’année

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7) Mud

“Drive dans les marais”, à savoir Jeff Nichols qui continue de filmer l’americana comme j’aime la regarder. Matthew McConaughey (auquel je n’ai jamais cru) est en pleine phase ascendante.

6) Gravity

Je me souviens avoir rigolé quand, dans toute sa majesté, au loin, apparait Buzz l’éclair / George Clooney, tout petit, qui traverse l’écran en faisant du George Clooney. Sinon j’en ai déjà abondamment évoqué ici.

5) A touch of Sin

Jia Zhangke est un des meilleurs réalisateurs en activité. A touch of sin est un quadruple drame humain filmé comme un documentaire. Pas aussi fabuleux que Still Life, pas aussi envoutant que ses derniers docu-fictions (remember, en 2009) mais un bon coup de poing et une des scènes de mort les plus touchantes de l’année. J’ai eu le plaisir de le rencontrer (vidéo ici, à 10’00).

4) Pacific Rim

J’en ai parlé ici. Et puis c’est mon blockbuster de l’année. On méritait bien ça.

3) La vie d’Adèle

Article ici. Ce n’est pas mon Kechiche préféré. Mais bon sang, autoritaire ou pas, je m’en fiche, ce type a le don pour capter des instants de vie. Et en même temps, il teste notre limite en repoussant à chaque fois ce qu’il va montrer, éternisant ses scènes au delà du possible.

2) Inside Llewyn Davis

Et si les Coen étaient des réalisateurs de fin ? A chaque fois, leur fin est parfaite, toujours entre ironie et cruauté. Prenons quelques derniers. Serious Man ? Blam, comme un couperet qui vient te circoncire tes illusions. No Country for old man ? Bam, comme un uppercut dans tes rêves. Celle de Llewyn est le miroir parfait de Honkytonk Man, une autre chronique de loser magnifique (et l’un des meilleurs Eastwood !)

1) Silver Linings Playbook

“Happiness therapy”, encore un bon titre vf risible mais passons. C’est l’histoire de gens qui s’aiment mais qui n’arrivent pas à communiquer ensemble. Bien sur, ils sont beaux, on tombe amoureux d’eux, mais ce n’est pas tout. Silver Linings Playbook est tout sauf une romcom. Après The Fighter (N°2 en 2011), David O’Russel prouve qu’il est celui qui sait le mieux filmer cette ex-middle class américaine dans la meilleure ville pour ça, Philadelphia. Et en quelques scènes incroyables de vieux obsessif, De Niro rappelle qu’il est un acteur hallucinant, à un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis 15 ans, au moins depuis Jackie Brown. Le moment où il s’excuse, avec ses mots, auprès de son fils encore groggy, est sans doute ma scène préférée de 2013.

 

Mention spéciale à Garden of Words qui sort cette année en France en DVD. Un film sur un garçon amoureux des chaussures qui tombe amoureux d’une belle femme plus âgée que lui. J’en ai parlé ici (à 9’38) et ici (à 6’46). Quand il m’a rencontré, il m’a fait “ah c’est vous le journaliste amoureux des chaussures”. On l’avait mis au courant.

 

Ha oui, les flops 2013 ? Le Man of Steel de l’out-of-character, Lone Ranger du massacre des indiens vite fait en un plan avant la course-poursuite et le méga happy end, Die Hard 5 juste pour exister ou After Earth juste parce que (j’en parle ). En fait le pire des films que j’ai vu cet année est Pain & Gain. En gros, c’est l’histoire de Youssouf Fofana version culturiste, filmée par Michael Bay. “What could go wrong ?” Michael Bay a cette prétention de faire des films à l’humour des frères Coen avec le bruit d’un blockbuster. Ce n’est pas un hasard s’il utilise des acteurs estampillés Coen comme John Turturro, Steve Buscemi, etc c’est pour tendre vers cet exemple de freaks drôles. Malheureusement, c’est atroce, à voir et à écouter. C’est indéniablement le film le plus homophobe de l’année (hihi les blagues de gode dans le cul, “Les garçons et Mark Walhberg, à table”), le plus néo-beauf qui soit. Ce film n’aurait jamais dû être.

A y est. On est bon pour 2013.