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Partie 1: du 25ème au 21ème

Comme l’an dernier, voici le moment idéal, genre entre le nouvel an et le nouvel an russe, de faire l’autopsie de la comédie française. Ce “truc”, car il n’y a pas d’autres mots, devient donc mon marronnier, un peu comme les voitures brûlées lors de la St Sylvestre. Le but est toujours le même, encaisser le meilleur comme le pire pour ensuite l’analyser méthodiquement, le classer rationnellement. Car je m’en rends compte, là, on a complètement oublié une bonne moitié des films de cette liste. Il ne faut pas oublier. Je m’impose donc cette souffrance, à l’heure où l’on conteste ces acteurs surpayés et d’une industrie sous perfusion. Kudos, le CNC.

Si j’ai l’occasion, je ferais même un point “stats” et aussi un survol des films que je n’ai PAS sélectionné pour cette liste. Oui, car j’en ai vu bien plus que 25. Mais tant qu’à faire, autant prendre le vraiment navrant. Le plus lourdingue.

Cette année, j ai divisé en cinq parties pour éviter que ce soit trop violent (et éventuellement ménager un suspense, pour que tu puisses deviner quels seront les étrons du quinté de tête…). Ce classement va donc “monter en puissance” car on va du meilleur vers le pire.

Et je ressors texto ma mise en garde de l’année dernière: j’ai une tendance à préférer les films qui se permettent un coup de génie que ceux qui se contentent d’un service minimum ennuyeux. Il faut y voir là une volonté personnelle d’essayer de prendre ce qu’il y a de bon. De toutes manières, pas d’inquiétude, la tête de peloton est composées exclusivement de daubes..

Et maintenant, une vidéo rituelle avant le combat. Un pronostic ?

 

Voici donc les meilleures places, de 25 à 21. Le meilleur. Mais dès le prochain, ça va faire mal.

Du numéro 20 à 16

Du numéro 15 à 11

Du numéro 10 à 6

Du numéro 5 à 1

Le futur du pire de la Comédie françaises 2013

 

25. Adieu Berthe

La dernière fois que j’ai eu un contact avec Denis Podalydès dans un film comique, c’était dans Neuilly Sa Mère. Il criait sur le petit arabe des trucs hystéros du type “Arrête de couper ta salade avec ton couteau, ça fait grincer ton assiette”. En gros, on s’était quitté en mauvais termes. Et puis il ne faut pas oublier qu’à chaque fois que son nom apparaît à l’écran, on voit en gros “Sociétaire de la Comédie Française“. La pression de l’humour. Et pourtant Adieu Berthe est vraiment rigolo, un vrai regard farfelu sur le business des cercueils, de la mort sur fond de maîtresse et de toutes les petites tracasseries bourgeoises traditionnelles. Woké d’accord, c’est la frange intéllo de l’humour, mais en vraiment mieux qu’avant. Valérie Lemercier réalise la bonne opération de l’année, elle parfaite ici (et mieux que dans Astérix 4, plus bas dans le top). Et surtout elle fait (un peu) oublier les Agathe Cléry et son caméo dans la PIRE comédie de l’année dernière. Elle n’était même pas à l’écran, sans doute

24. Un Plan Parfait

Si seulement on m’avait dit qu’une des meilleures comédies de l’année serait un truc avec Dany Boon et Diane Kruger, je n’aurai sans doute pas fait ce top. Depuis son film “néo-Jean-Pierre PernisteRien à déclarer, Dany Boon n’essaye plus de refaire les ch’tits et gravite de film en film, un peu à la dérive. Quand à Diane Kruger, avant ce film, je lui prêtais le même potentiel comique que Isabelle Huppert, tendance la “beauté froide venue d’Allemagne”. Autant dire: ZERO. Attention, un plan parfait n’est pas fabuleux. Juste du travail très appliqué de Pascal Chaumeil, le mec de l’Arnacoeur. Où les femmes “de base” sont vénales, mais elles comprennent à la fin que l’important, c’est le coeur / la fantasie”. Qui est un classique de la comédie française, voir l’Arnacoeur susmentionné ou encore le récent “Hors de prix” où le néo-gigolo comprend deux fois plus vite que l’escort-girl que ce qu’il fait “n’est pas moral”. Quand je dis que, de base, je préfère Apatow, c’est pas une blague.

Mais parfois, il suffit d’une grande scène pour sauver un film même moyen, et un Plan Parfait en a une bonne paire, cachées dans son déluge de clichés de rom-com (avec en plus la fille une fois de plus très superficielle. Dreddy Kruger va découvrir donc la beauté intérieure (ce concept inventé par les moches et les comédies romantiques) de Dany Boon. Il va saisir quelques instants pour faire dérailler la comédie, pour faire le show tout seul. Il est libre, sans aucune retenue. Et bon sang, quand il y arrive, trop rarement, c’est du génie. Ce n’est pas de Funès dans le chewing gum de Rabbi Jacob, rien ne le serra plus jamais, mais c’est dans ces moments-là qu’on sent qu’un film assume pleinement son status de comédie.

23. 2 days in New York

NY, le thème porteur de l’année (on va en revoir un peu plus haut dans ce top, patience). Suite informelle de Two Days in Paris, Julie Delpy continue sur sa même lancée en s’égotrippant en moche avec Chris Rock, à NY. Le choc des cultures va venir de ses parents, en visite le temps d’une expo. C’est beaucoup plus faible que 2 Days in Paris mais on voit facilement le créneau qu’elle cherche à occuper, celui de la comédie indé, une espèce de Woody Allen féminizte & fauché. Rigolo: le caméo mégalo de Vincent Gallo en lui-même, où il distribue sa présence comme une semence divine.

22. Le prénom

On se casse très souvent la gueule à adapter du théâtre au cinéma. On risque à tout moment de tomber dans la pièce de boulevard à gros sabots. Le prénom, c’est du boulevard à fond mes ballons, pas trop cliché mais comme s’il était écrit par Zemmour et random mec de gauche-caviar. Ca commençait mal, une série de portraits alignés par la voix de Patrick Bruel, le genre de trucs qui fout le frisson. Et pourtant il y a quelque chose de l’ordre du plaisir vicieux de voir Patrick Bruel incarner un agent immobilier de droite face à des profs de gauche. De toute manière, si même un suisse arrive, ne serait-ce qu’un court instant, à être drôle, UN SUISSE QUOI, c’est dire qu’il y a quelque chose qui se passe dans cet appartement bourgeois parisien.

 21. Les Kaïra

On pensait la banlieue ringardisé pour le ciné depuis la Vengeance (pour le meilleur) et Beur sur la Ville (toujours pour le pire). Soudain, Kaïra, the movie, le film qu’à priori, personne n’attendait.

J’ai l’impression qu’un high concept que tu vois sur Canal Plus, ces pastilles placées entre les programmes ou la meuf météo et 2 minutes d’Apathie, a de fortes chances de finir en film. Bientôt Bref, le film ? Quoiqu’il en soit, les Kaïra est une semi-réussite car il évite les pièges de l’adaptation classique d’un pitch marrant sur 2 minutes et éreintant sur 2 heures. Le miracle ici, c’est que ce mélange de blagues cracra et de vannes de galériens du ter-ter tient environ une heure, pour se déballonner dans son dernier tiers. A un moment, le trio se dissout et le nain disparaît littéralement du film pour poursuivre une carrière de film porno, car c’est bien connu, c’est ce que font tous les nains à l’exception de Passe-partout et de Giant Coocoo. Le film bascule en pilote automatique jusqu’à un final consensuel assez affligeant qui contredit la nature même des personnages tels qu’ils nous sont présentés au début. C’est sans doute ça, le plus grand reproche à faire aux Kaïra: après un début délirant à base de branlette et d’ours, il veut à tout prix s’en sortir façon “tout public”. C’est peut-être le prix à payer pour ne pas sombrer dans le banlieue-movie.

Mention spéciale à Ramzy qui joue ici un incroyable simili Morsay dont il tente de copier les catchlines improbables et le flow dissymétrique.

 

Coming soon (genre un tous les deux jours). Be there.

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Le futur du pire de la Comédie françaises 2013