Le Meilleur du pire de la comédie française en 2011, du numéro 5 à 1

Ca y est, on y est. Le pire du pire. Les neuf cercles de l’Enfer. Du pur ”journasochisme”, parfois si douloureux que l’éventualité d’une suite à ce projet me parait impossible. Ce n’est pas le temps qui manque à un insomniaque, mais une année de comédie franco-française, ça te flingue. En tout cas, c’est le bout du tunnel. J’adore qu’un plan fonctionne sans accroc.

Partie 1, du numéro 20 à 16

Partie 2, du numéro 15 à 11

Partie 3, du numéro 10 à 6

Allez, place au top 5 du meilleur du pire de la comédie française en 2011, en espérant que toutes ces heures de souffrance n’auront pas été inutiles.

5. Rien à déclarer

 

Rien à déclarer, le dommage collatéral des Ch’tits, n’est jamais drôle et pourtant il s’agit encore de Dany Boon en uniforme (chroniqué une première fois ici, avant que l’idée de ce classement ne fasse son chemin). Mais on sent, à chaque instant, à chaque vanne, la pression que subit Boon. Il doit faire son Ch’tits 2. Donc même duo comique parfaitement identifiable. Même nordisme à fond les ballons. Tous les moyens ont été mis en place pour cloner, comme si c’était possible, le succès. Evidemment, il n’y arrive pas. Ce n’est pas aussi nul que la comparaison Visiteurs 2 vs Visiteurs 1 où là, en l’occurrence, il y a carrément une incompréhension globale de ce qui a fait le succès de l’original (Poiré pensait à l’époque que c’était sa réa sous exta avec 10,000 milliards de plans et la nervosité qui était la cause de sa première OPA cinématographique).

Dans l’absolu, le sujet est génial. Alors que l’Europe se fissure, Schengen, Maastricht, Athènes, tout ça, Rien à déclarer reprend globalement une histoire similaire à Machete. Avec malheureusement moins de bonnes soeurs à poil, moins de mexicains et surtout moins de shotguns.

On est surpris à quel point François Damiens s’en sort encore une fois sans égratignures. Ce mec est le Highlander du ciné francobelge, c’est pas possible autrement. Poelvoorde, en garde frontière raciste, malgré son pouvoir comique qui ne se dément généralement pas, est ici à peine plus marrant que dans Astérix 3 (alors que le pauvre est tombé en pleine dépression alcoolique à ce moment-là). Boon essaye de nous rejouer le rôle du gentil couillon. “Il a un bon coeur” dira-t-on. Malheureusement, rien ne fonctionne, tout tombe à plat et le grand final rappelle justement les derniers Astérix en bédé, justement, ceux d’Uderzo. Guéri de tout son racisme anti-français, Poelvoorde prend en chasse son nouveau bouc-émissaire. “Hé, bol de riz, reviens. Hé, niakoué !”. Sourire attendri devant le racisme de Benoit, son fils hoche la tête. “Oh papa…“. FRISSON. Àcet instant précis, j’ai pensé à Jean-Pierre Pernault qui sourit entre un reportage sur les salopards de grévistes et la beauté du monde rural.

C’est un très mauvais film. Mais qu’espérais-tu, à ce niveau du classement ?

4. Les tuches

 

Le clash imparable du rire des riches contre les pauvres, dernier round. J’ai souvent eu l’occasion de dire ici à quel point ce style est problématique dans la comédie française. Tiens pas plus tard que là, numéro 11, Intouchables où je prenais le cultissime Un Fauteuil pour Deux comme référence du genre. Si tu n’as pas vu Trading Places, le meilleur d’Eddy Murphy, fais toi plaisir. Je vais l’offrir de ce pas à mon neveu.

La lutte des classes LoL à la française, à chaque fois le même algorithme : rencontre des deux mondes, incompréhension, amitié, mini-clash avant la fin et réconciliation. Et à chaque putain de fois, le cheu-ri comprend qu’il a été un peu con, hautain mais c’est décidé : il va devenir meilleur. Ok, pas de problème. Le pauvre, s’il est devenu riche au cours de l’aventure, ne peut pas maitriser ce nouveau cash flow, ce train de vie et/ou ses nouveaux amis et va préférer “la simplicité des petites gens”. Ils savent être heureux, eux.

Ce schéma cra-cra, c’est celui de Lanvin-Dubosc dans Camping ou ici des Tuche, une famille entière de ploucs, gagnants du gros lot du Loto. Ils partent vivre à Monaco car la Stéphanie, c’est la fixette de la maman, jouée par Isabelle Nanty (et puis choix de bande-son évident, hop). Ce qu’ils ignorent, c’est que leur fils est un génie qui se cache car il a honte.Les mômes intelligents, c’est la honte dans la famille. Un petit joué par un gamin qui rendrait presque sympathique celui de Moi César, 10 ans 1/2, 1,39m. Non j’exagère, c’est impossible. Mais c’est la même catégorie, ces gamins qui jouent avec “des bons mots d’adultes”, ceux que tu as envie de flinguer. C’est lui qui sauvera la famille de la ruine, parce que forcément, ils sont bêtes.

Dès le début, JP.Rouve, en véritable porte-voix de Laurent Wauquiez, surjoue façon Robin des bois le mec qui se réjouit d’être chômeur comme ses ancêtres. Ensuite, c’est un long voyage au pays du cliché sur Monaco dont aucun personnage ne sort véritablement grandi (ce qui est justement toute la force des personnages du mécanisme “Apatow”). “Les Tuche” démontre une fois de plus l’incapacité d’écrire des personnages auxquels on pourrait s’attacher. C’est d’ailleurs amusant de voir comment quelque chose qui marche en bédé (les Bidochons) se viande complètement en film. L’écriture de tous ces second rôles, de ces personnages chaleureux est généralement l’apanage des comédies anglaises. Ici, ils sont tous foirés sauf Claire Nadeau. Elle joue un personnage muet, ça aide. La fille para-Paris Hilton, le frère homo refoulé singeant Eminem… En l’état, on a juste envie qu’un train passe sur cette famille d’affreux débiles.

Petite qualité dans cette prod. Olivier Barroux (l’ex-partner de Kad à qui l’on doit Safari), the Tuche ne cède pas trop à la facilité des caméos mais avec des morceaux de premier choix, avec le copain Kad justement,, Omar ou encore Pierre Menès le critique de foot (please. Ce dernier sera d’ailleurs aussi dans le pire film de ce classement). Toute l’impossibilité des Tuche se résumerait presque à ce slogan, répété à tout bout de champ, sans doute pour faire un gimmick sur l’accroche des DVD. “Tuche pour un, Un pour Tuche“. Super.

De très mauvaises idées, toutes réalisées de manière inepte.

 

3. Hollywoo

 

Il y a une règle qu’on apprend dans les métiers dits “artistiques”, que ce soit en dessin, en écriture, dans n’importe quoi. Pour que ça ait l’air plus vrai, il faut raconter ce qu’on connait. Ça aide. Genre Abdel Raouf Dafri, quand il t’écrit un scénar sur la prison ou la délinquance, j’sais pas, je lui fait confiance. Il n’est même pas exclu de faire quelque chose sur un sujet a priori étranger. Il faut beaucoup se documenter, avoir un plan global… Alan Moore, il fait ça très bien par exemple. Les scénaristes d’Hollywoo n’ont manifestement pas la moindre idée de quoi ils parlent.

(bon sang, citer Alan Moore et Hollywoo dans le même paragraphe, je suis au bout du rouleau)

Florence Foresti incarne une comédienne de doublage d’une série TV à succès. Enfin, les fans seront contents, elle est plutôt le personnage qu’elle est sur scène (jamais vu). Mais l’actrice qu’elle double décide d’arrêter sa carrière, sans doute a-t-elle aperçu un des extraits que l’on voit dans Hollywoo. Foresti décolle pour les USA pour la rencontrer et la remotiver. Comme si un comédien de doublage ne faisait pas de théâtre à côté, n’avait pas d’autres séries à doubler… Hé quand on est freelance, l’exclusivité n’existe pas, c’est la même pour les comédiens. BON. Passons.

Déjà, son voyage n’a pas vraiment de sens… Sans passer par les agents ? Aux USA ? Elle se prend pour Thelma & Louise, Foresti, ou quoi ? Mais OK. Admettons.

C’est là que Jamel Debbouze est littéralement parachuté dans l’histoire. Il pourrait arriver au volant d’une voiture de Transformers 3 que ça serait pareil. Il agresse justement un de ses “amis” pour récupérer 500 $ qu’il lui doit. Ce type est aussi serveur dans une soirée jet-set où s’incruste un peu plus tard le para Jamel. Et ce petit malin… menace à nouveau son ami. C’est que ça peut être traitre, les amis. Evidemment, il va se faire jeter et sur le bitume, il rencontre Florence qui…

STOP. Ca n’a aucun sens. Ce duo n’existe évidemment que pour satisfaire les fans des deux comédiens du film qui se livrent littéralement à un fan-service consternant. En plus de ne pas être marrant, RIEN n’est cohérent dans Hollywoo, à tel point qu’on se demande si cette “trame” n’a pas été dictée sur le truc de reconnaissance vocale de l’iPhone sans être passée au propre. “Siri, écris moi un scénario avec Jamel et Foresti”. Les dialogues sont d’une ineptie confondante accentuée par le gag récurrent qui va revenir durant tout le film. Ce gag hillarant, c’est “Florence et Jamel parlent mal anglais“. Et… c’est tout.

Les pitreries avec des gens qui parlent mal exprès les langues, c’est un panel très limité d’intelligence potentielle. Mais comme j’ai bon fond, il y a une idée de vanne rigolote, à un moment que je t’offre. Gratuit, cousin. Ce n’est pas ces traditionnels post-générique nuls où l’on voit que l’équipe s’est (en principe) bien amusé sur le tournage. Au moins, ils ne s’ennuient pas, eux. Non c’est vraiment dans le film: Foresti se fait menacer par des gangstas. Des vrais. Enfin qui ont une caisse, du bling et tout ce qu’il faut pour avoir l’air menaçant. Chaude ambiance. Puis soudain, son mp3 balance “La boulette” de Diam’s. “Génération Non non”. Et là, ils se mettent à “bouncer”, à littéralement “kiffer la vibe” sur le bon son de Foresti…

Alors que pour un truc comme ça, n’importe quel humain normal l’aurait tabassé. Bon, c’est une interprétation personnelle, mais je préfère comprendre la vanne comme ça. Et puis surtout elle ne gomme pas l’échec total d’Hollywoo.

Parler une langue étrangère, c’est compliqué (je suis fils d’interprète donc j’ai été un peu formé à ça même si, tu peux me croire, un père prof de Kung Fu, c’eut été carrément plus classe). Là, ces gugusses me rappellent le lycée. Où il y a toujours eu ces cancres qui ne faisaient aucun effort pour essayer de bien parler la langue. En 2011, les cancres du rire, c’est Foresti et Debbouze.

 

2. La croisière

 

On vous apprend à juger sans a priori. Même pas sur la bande-annonce “parfois trompeuse”. Mais que pouvait-on décemment espérer de cette deuxième tentative de “croisièresploitation” de l’année qui réunit Charlotte de Turckheim, Antoine Duléry, Line Renaud et Marilou Berry. Son seul mérite aura été de sortir avant l’autre, avec Dubosc. Voilà, tu sais déjà que c’est de la merde.

Et pourtant, La Croisière (tout un programme dans le titre) commence par un ass-shot de la sublime Nora Arnezeder. Aucun google image du monde ne pourra lui rendre justice. Puis soudain, elle lâche sa première phrase et le paquebot tout entier s’engouffre dans une spirale de nullité abyssale. Même les mouettes, mortes de honte, ne veulent plus jouer là-dedans et sont donc remplacées par des images de synthèse. Le toutou de Line Renaud, caché dans un sac à main avec des trous pour laisser passer les pattes, n’a pas eu autant de chance. Ce niveau de nullité-là me semble indescriptible et pourtant je vais m’y efforcer ici.

Ah oui, la phrase de Nora, c’était, de mémoire, “Wesh t’as vu, c’est l’Titanic ce truc“. La débandade.

La solution facile serait de résumer cet état de souffrance que fut ce visionnage en disant simplement : “Les seins. de. Charlotte. de. Turckheim. Au ralenti. Quand. Elle. Danse“. Michel Delpech, perdu à jamais. Le plus gros cas de Can’t Unsee That de l’année ? Pas tout à fait, car dans le même film, histoire d’avoir la parité, on nous balance le paquet d’Antoine Duléry, déguisé “subtilement” en Tootsie. L’enfer de ce film, c’est qu’il donne l’impression de vivre en temps réel avec ses personnages sur ce rafiot, sans possibilité de s’échapper. Pire qu’un gamin qui pleure tout le long d’un vol de 12 heures. Pire que Nadine Morano. Pire.

Je me sens obligé de donner des nouvelles de Marilou Berry pour ceux qui s’inquiétaient de ne plus la voir assez souvent au cinéma. Elle va bien. Elle a perdu du poids. Énormément. Et je ne sais pas si c’est ça qui fait qu’elle joue de plus en plus comme sa mère, n’étant pas un diététicien de l’acting. Je tiens justeà la remercier, elle joue dans les DEUX PIRES FILMS de cette sélection 2011. MERCI.

Il n’y a pas de scénario dans la Croisière, ce qui n’est pas forcément un mal. Un film peut tenir simplement par la force de ses gags. Or, cette Croisière nous balance ce qui est le plus mauvais gag de tous les temps. Même un gif animé finirait par le rendre meilleur. Il y a une histoire de chien, de mouette, de trampoline, de Charlotte de Turckheim qui glisse sur fond bleu. Mais le caractère absurde de la situation et surtout le résultat LAID en font peut-être involontairement le meilleur gag du monde après la mort de Kim Jong-Il qui nous fait croire qu’il est mort. À moins qu’on soit dans un cas de “plus c’est nul et mieux c’est”. Je ne peux toujours pas décider.

image courtesy Paso

Mais une thématique sous-jacente sournoise dans la Croisière se dessine tout au long de cet interminable périple. De Turckheim va passer tout son temps à chercher son mec perdu à bord. En fait, il a chuté et s’est accroché quelque part sur la coque où on le retrouvera, tout recouvert de caca et traumatisé. Hilarant. La Croisière ne nous épargne même pas les gags de fiente. Déçue en amour, la jolie fille le retrouve dans les bras du prêtre du bateau, sans doute un des couples les plus improbables depuis Amidala Portman et Anakin. Surtout l’amour bourgeonnant “pédobear” du petit de 8 ans en fait… Line Renaud est veuve heureuse. Marilou est célib de la win et Duléry se déguise en femme façon Mrs Doubtfire. Tu la vois, la thématique ?! Ça se veut une comédie féministe avec que des femmes, réalisé qui plus est par une femme. Je peux te garantir que si les gens apprennent qu’un tel film existe, tu vas voir qu’on va proposer de leur retirer le droit de vote. Une des plus mauvaises expériences de cinéma de ma vie, où l’on a approché la nullité la plus abyssale.

Mais jamais, au grand jamais, je n’aurai imaginé trouver pire cette année.

 

1. Beur sur la ville

 

Mais comme j’aime sauver ce qui peut l’être, autant être gentil pour deux lignes: le titre est presque pas mal, comme une vague référence à Max Pécas ou à la rigueur un porno gay dont j’ignore l’existence.

Ce titre, c’est bien la seule qualité de “Beur sur la ville”, très certainement le moins drôle de l’année, ce qui est assez dommageable pour une comédie.

L’acting Jamel Comedy Club, on commence à le connaître (cf Case Départ), ce syndrome classique du “Ils sont sympas mais en film, ils ne sont vraiment pas drôles”. Le pire, c’est que ne les connaissant pas individuellement, ils se retrouvent tous à jamais associés dans ce maelstrom de nullité. Aux commandes, l’inénarable Djamel Bensalah. Et même si son aura est parfaitement délimitée par son œuvre grâce au “Ciel, les oiseaux…” et au “Raid”, il est toujours étonnant de voir un réalisateur expérimenté balancer une daube d’un niveau pareil.

L’idée principale de mettre Booder en flic principal est aussi cohérente que Jamel Debouze en soldat dans Indigènes: tu n’y crois pas une seule seconde. Mais pourquoi pas, hein, le gag peut fonctionner. Peut-être même qu’on va se bidonner. On va voir ce qu’on va voir. Entre-aperçu dans un petit rôle dans Neuilly sa mère (production Bensalah finalement pas si nulle que ça quand elle nous proposait une visite au bout de l’horreur, une chambre d’un gosse militant UMP sur fond de Carla Bruni), Booder est le croisement improbable d’un morphing foiré entre Jamel Debouze et Fernand Raynaud. Problème, il ne sait pas plus jouer que ses potes. Mais je suis sur qu’il doit être sympa, en vrai.

Pour éviter d’avoir un problème d’acting avec son trio de comédiens du stand-up , Djamel Bensalah a fait appel à une flopée de copains, pro et non-pro. D’abord, Gérard Jugnot, Sandrine Kimbelain en super flic, Josiane Balasko, François-Xavier Demaison, Roland Giraud (pas mal pour ses trois minutes à l’écran)…

Mais Bensalah est atteint de la pire maladie qui soit, le syndrome du caméo, équivalent filmique de la Tourette. On place “des gens”. En croyant que leur simple présence va créer l’hilarité. Et je suis certain qu’un journaliste de TF1 à l’écran, tu vas te gondoler. Une présence qui ne va jamais découler sur une seule blague drôle. Mais les voici.

Je ne pensais pas écrire tous ces noms un jour ici, moi qui préfère le cinéma avec des coups de pied de chinois et les classiques des années 80. Mais let’s go. Pierre Ménès (again), La meuf de la minute blonde, Popeck, Julien Courbey, Jean-Claude Van Damme as presque lui-même, Ramzy, Yves Rénier, Mokobé du 113 qui fait… un brancardier, Pape Diouf, Julien Arnaud et la jolie Emilie Besse du JT de Canal+. Et Frédéric Beigbeder, Marilou Berry (AGAIN), jamais très loin des bons plans. Bon dieu, même la voix de Valérie Lemercier fait une apparition. J’en oublie surement. À ce niveau-là, ce n’est plus regardable, c’est un crash-test.

Djamel Bensalah avait déjà signé Big City dont la bande-annonce annonçait la couleur du bon goût avec des filles de 12 ans qui jouent les prostitués. Classy shit. En ça, on ne peut pas le blâmer, il reste cohérent dans la nullité et le mauvais goût. Mais hé, il doit savoir mieux que moi, the guy is Chevalier des Arts et des Lettres. Est-ce grâce à sa production “Neuilly Sa mère” ou pour l’ensemble de son œuvre ?

Des filles sont mystérieusement tuées en banlieue. Je vous spoile la fin: en fait c’est Josiane Balasko qui joue une clodo qui tue ces filles, en fait des passeuses de came. Elles lui faisaient concurrence car en fait, elle contrôle la cité. En 30 ans de main basse sur le deal d’une grande ville de banlieue (et peut-être plus), cette grosse mafieuse grimée en loqueteuse aura gagné… pas loin d’un million d’euro.

Dans ta tête résonne le bruitage “Austin Powers”. Quasiment un million, c’est la somme qu’elle se vante d’avoir planqué dans son matelas. Une fois arrivé à ce million, heureuse, “elle pourra partir à la retraite”. Je suis persuadé que ce n’est pas le quart du budget de Beur sur la Ville. Juste une échelle de grandeur, Bienvenue à bord a coûté 16 Millions d’euros !

En attendant, donc, Balasko vit comme une clodo pour ne pas attirer l’attention. Bon sang, le cartel ne rapporte plus comme avant. Ok, c’est une comédie, mais un million… en trente ans ?! On n’a pas besoin d’un réalisme à la The Wire non plus, même si c’est mieux quand rien n’est drôle. Hé, Balasko ! Tu entends ces rires au loin ? C’est les salaires de Drucker, Castaldi et Nikos qui se moquent de toi.

J’ai déjà lu des brouillons de comédie écrit bourré plus intéressant que cette heure et demie interminable. Des gens pourraient dire “c’est facile de se moquer“. En effet, c’est facile de se foutre de la gueule de Beur sur la ville car il n’y a rien à y sauver.

J’ai déjà vu de pires histoires encore plus merdiques, assisté à des gags tout aussi nuls… Certains films horribles de ce classement développent même une morale bien plus nauséabonde que celui-là qui “se contente de rester bon enfant”, un de ces euphémismes paresseux que je déteste le plus avec “c’est pas le film du siècle mais…”. Beur sur la ville se trouve exactement à l’endroit où les frontières de l’incohérence tutoient l’humour improvisé le plus terrible, à cet endroit précis où le simple fait de regarder est douloureux.

Si tu aimes cette comédie, la pire de 2011, tu as objectivement tort. Des graphiques existent pour le prouver.

 

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Voilà. C’est terminé. J’en suis à un stade proche de la fin de Star Wars III: Revenge of the Sith, un sentiment qui doit parler à beaucoup de gens. Le regard épuisé par les merdes en CG qui volent partout, les personnages écrits avec les pieds, “noooo” et compagnie “Voilà. C’était pénible mais c’est fait. La boucle est bouclée.” Terminer avec le plus atroce est, tu peux me croire, pas la meilleure des idées pour ton moral. Tu sais qu’à la fin, ça va ressembler à une autopsie.

Je tiens à remercier les gens qui ont indirectement participé à ce dossier. En particulier à ces Virgile qui m’ont accompagné dans ces abîmes cinématographique. Ça ne se voit pas ici mais il y a eu aussi de bons films. Boulapoire, entité gentille de Gamekult et sa demoiselle, autorité morale dans un grand quotidien français. Nicolas qui m’a avoué que Halal Police d’état était son pire film cette année (pardon). Rom, le Soldat-Survivor des pires daubes. Et puis surtout “Paso“, avec qui j’ai vu l’essentiel et surtout le top 3 de cette année. C’est en payant le plein tarif pour l’un de ces chef d’oeuvre qu’il s’est résolu à prendre sa carte de cinéma. Dire “qu’il payait vraiment pour ces daubes”…  ça fait de lui quelqu’un de plus courageux et surtout de plus fou que moi. Nouvellement encarté au parti “du ciné sans risque“, il écrit des articles à se fendre les côtes de rire. Sans ces gens et aussi de certains qui se reconnaîtront (my bro Puy‘ et Deedo, mes ssos’ de ciné), je n’aurai sans doute pas persévéré… Bring closure to the french comedy, done.

 

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