Bienvenue dans cette série d’articles consacrés à la survie. Survivre, un hobby qui pour l’instant me passionne.

 

On va commencer avec Dame Nature qui se venge dans Cabela’s Survival : Shadows of Katmai. L’histoire simple d’un homme contre la Nature. Ou plutôt contre les éléments qui ont décidé que Logan allait souffrir. Mais rien n’arrête le plus badass des héros qui ferait passer Nathan Drake pour un chanteur de K-Pop. La Nature doit et va regretter de l’avoir fait chier, bordel de merde.

Mais avec un nom qui sent la testostérone comme “Logan James”, on ne peut être qu’un beau gosse. Depuis les décombres fumants de son avion écrasé en pleine montagne, notre héros au look de Josh Brolin des plus belles années va devoir relever le plus grand défi de sa vie: survivre au cœur des forêts d’Alaska. “Une contrée hostile” serait un euphémisme pour décrire cette nature littéralement assoiffée de sang. Les loups, les ours, même les animaux d’habitude si mignons dans les reportages animaliers nocturnes, ont décidé de rajouter Logan à leurs chaînes alimentaires. À se demander si même les canards n’en voudraient pas un peu lui arracher sa glotte. Mais ce que les animaux ne le savent pas encore, c’est qu’en fait, ce sont eux qui sont piégés avec Logan.

Trêve de plaisanteries, ce dernier Cabela’s propose un programme beaucoup trop alléchant pour ce qu’il est vraiment. En fait,  j’aime l’idée même de “survivre” dans un jeu vidéo, une obsession que j’essaye constamment de me l’expliquer. Est-ce à cause de l’éducation que j’ai reçue de ma grand-mère, de ces atrocités qu’elle a dû surmonter, la mort à chaque coin de rue, quand les racines deviennent le seul moyen faire fonctionner des corps affamés. Ou est-ce cette idée de débrouillardise transmise par ceux qui ont choisi de fuir l’Union Soviétique… Surviving is a big deal. Toujours est-il que SOS Final Escape est une de mes séries préférées et que Resident Evil ne me plait que quand il est vraiment “survival” dans l’horreur. Un de mes livres de chevet n’est autre que “Construire un feu” de Jack London et Denis Brogniart est mon dieu vivant. Un jour, je le sais, je participerais à Koh Lanta. Et attendant, Cabela’s est devenue un palliatif entre chaque saison de Survivor. Et puis comme ça, je n’ai pas à refaire les présentations dans le prochain article.

Il serait facile de ranger les Cabela’s dans la case du Duck Hunt next gen populo pour amateurs de guns en plastique qu’on ne sait plus où ranger. Effectivement, Cabela’s, c’est une certaine idée du jeu à l’américaine, un peu plouc, du bon gros massacre d’écosystèmes abscons, avec une faune qui passe de gauche à droite le temps de se faire aligner. Ça, c’est les bonus. Le cœur d’un Cabela’s est, je ne plaisante pas, son scénario. En général. Le précédent, Cabela’s Dangerous Hunts 2011 était l’une des plus touchantes histoires de famille du jeu vidéo, avec un père qui cherche à se racheter auprès de son fils, et un gamin qui, au fond, aimerait tant devenir cet héritier tant souhaité. Et en jeu, cela nous donnait une partie de chasse sauvage qui tourne au cauchemar, un père balafré par la vie et un môme qui, tant bien que mal, se décide de s’en faire pousser une paire. Un malaise familial digne de Red Dead Redemption. S’il n’y avait qu’un jeu à faire de la série, c’est Dangerous Hunts 2011.

Forcément, avec un pitch de vainqueur tel que “Logan, MAN vs Wild”, on ne pouvait qu’être déçu. Tout d’abord parce que l’histoire ne sait pas comment enchaîner ses moments de tension entre l’escalade à mains nues. Elle ne sait même pas décoller. Et ce Cabela’s a eu la mauvaise idée de tuer la routine reprenant en grande partie la mécanique délicate dite de la “corniche” d’Uncharted. Et ce savoir-faire, c’est comme le saxo, quand on en joue mal, ça devient atroce. Dans ce face à face mortel avec les éléments, Logan ne pourra compter que son instinct de survie et sur l’approximation des contrôles. Manette, gun ou même le Move (l’espèce de mini-gode lumineux), tout semble avoir été conçu comme un obstacle. C’est peut-être pour simuler la lourdeur de la neige ? Le plus ridicule, c’est que Sully, qui se téléportait presque derrière chaque pas de Nate Drake malgré ses soixante et quelques balais dans Uncharted 3, est ici remplacé par un chien qui vous suit à la trace. Même si tu le laisses en bas d’une montagne, il t’attend en haut. Comme s’il avait une queue-hélicoptère, à la Tails.

 

Tel un politicien, Cabela’s Survival : Shadows of Katmai fait trop de promesse à la fois, des promesses qu’on sait pertinemment qu’il ne tiendra pas. Abandonner les rails d’un shooter au profit d’une mécanique à la Uncharted mais en remplaçant les milliers de pirates par des loups et des ours avait tout d’une bonne idée. Mais c’est tellement laid… Tout le temps. Du coup, le seul truc plus ou moins cool, c’est les dialogues un peu badass, très péquenaud d’un hillbilly, perdus dans les décors enneigés. Et puis, il y a ces animaux si peu réalistes, hostiles tendance “un couteau entre les dents”. Le jeu de chasse bien couillu mérite mieux que ça. Hell, le monde de la survie au couteau mérite mieux que ça. Jack London attend toujours son grand jeu.

 

Partie 2: The Grey