125 films vu au ciné, sans compter les ciné-clubs. 125 (j’y reviendrai quand viendra le top jeu vidéo…) Et parmi eux, certains sont passés entre les mailles du filet Robotics. Voici la toute dernière chance d’en parler. Armée d’une bouteille de vodka, je cède à la tradition de l’ultime review qui graduellement devrait se dégrader. S’il y avait une logique, ce serait de tout effacer au petit matin.

Il faut que je commence pendant que je suis lucide par Shutter Island. Je crois que j’en veux à Martin Scorsese pour une chose : “DO YOU WANT HER TO REPHRASE THE QUESTION ?” “DO YOU WANT HER TO REPHRASE THE QUESTION ?” “DO YOU WANT HER TO REPHRASE THE QUESTION ?” “DO YOU WANT HER TO REPHRASE THE QUESTION ?” “DO YOU WANT HER TO REPHRASE THE QUESTION ?” “DO YOU WANT HE… Pitié mec. Du coup, le goût de Shutter Island est encore plus amoindri quand, à la vue d’un des acteurs, je me suis dit “hé mais il a une tête de docteur”. Le genre de réflexion qui te flingue tout suspense dans un film alourdi par des flashbacks loupés (ow les camps, était-ce vraiment nécessaire, Martin ? Non ? So don’t).

Lovely Bones devait être le retour de Peter Jackson (pré-Tintin) à un film moins boursouflé. Et puis il y a Rachel Weisz dedans, à priori positif. Mais non, il se sent obligé de coller des dizaines d’effets affreux, des screen-savers d’un goût aussi douteux que la plupart des skyblog lovelove.

J’ai pris un sacré plaisir à voir I Love you Phillip Morris même si, avec son look blingbling 70’s, je ne pariais pas un kopeck dessus. Au moins 3 Airwolf dans mon souvenir, grâce à un Jim Carry incroyable. Evidemment, ce n’est pas le cas d’Alice aux pays des merveilles. Je ne sais plus si j’ai marqué quoique ce soit sur le dernier Burton, mais ce qui désole le plus, c’est qu’il y a encore des gens qui espèrent encore quelque chose de Tim (à part la palme d’Oncle Boonmee, that is). Ce n’est pas le pire non plus. D’habitude, mon crédo, c’est de dire que Burton fait des films pénibles depuis qu’il est maqué. Des films de père de famille chiant. Selon ce critère, Alice est pire et pour ça je te raconte la fin : Alice retourne donc au pays, elle gagne dans un film qui ressemble à un rpg (heureusement précédé par les pubs Haribo, annonçant les films en 3D, youhou Haribo) puis elle revient dans le monde réel, décide d’utiliser la fortune familiale pour exploiter les marchés émergeants chinois (bah ouais, y a du blé à se faire). Burton réalise maintenant des films exemplaires pour ses gosses. Tu seras trader, mon fils.

Mec, j’ai vu Gardien de l’ordre. Un film low-key de Nicolas Boukhrief avec Cécile de France qui ne joue pas mal et Fred Testot (qui tente une carrière solo plus audacieuse qu’Omar Sy). Minimal, presque cristallin, sans aucune fioriture mais très figé. Et donc sans étincelle.

J’avais complètement oublié que j’avais vu Salt. Et là, je pose une question importante et à la foi grave : ça intéresse QUI, un Jason Bourne avec Angelina Jolie ? Vraiment, QUI ?! Sans déconner ? J’suis même pas sur que ça l’intéresse elle-même. L’histoire et sa grosse faille risible en deux mots : le FBI a été infiltré par Salt depuis des années. Angelina Jolie, entraîné par le KGB et tout, elle passe maintenant pour une américaine, elle a un chat et un Kinect chez elle. Mais elle se fait outer, poursuivre et surtout il y a une autre taupe. Et là, c’est pas compliqué. Je me suis dit “bah c’est le comédien qui a un nom russe?”. Bingo, ton film spoilé dès la 10ème minute. Il n’y a pas un mot, pas une virgule nouvelle dans Salt. Ce n’est même pas du Direct to vidéo, ce devrait être du Direct dans la boite postale d’Angelina Jolie et encore, PAS SUR que ça l’intéresse, elle.

Adèle Blanc-Sec est un des pires films de l’année. C’est Luc Besson qui copie tout ce qui s’est fait ailleurs. Les momies bougent comme C3PO, il y a des pans entiers d’histoire qui ne servent à rien. Et la blonde de la météo, bah elle te le joue comme un anticyclone qui vient se déposer en bas de la France. Et l’histoire… Adèle cherche à sortir sa sœur d’un coma car celle ci s’est enfoncée une épingle dans le crane suite au cours d’un match de tennis. Le “Noooon ma soeur” de Louise Bourgoin est sans doute le plus mauvais moment d’acting de l’année. Non sans rire, ça repousse l’entendement, et par entendement d’acting, j’invoque Star Wars II L’attaque des clones et Nathalie Portman au bout d’elle-même.

A l’origine, j’avais prévu de faire une bédé pour expliquer la nullité d’Adèle Blanc-sec. Dans un pays lointain, j’avais récupéré une boite de Choco Pops avec un soft pour “créer sa propre bédé”. Coco allait être Adèle, le croco, c’était Matthieu Amalric (qu’on ne voit presque pas dans le film). Et l’hippopotame rose pour Gilles Lelouche. Damn, ça aurait fait une super bd. Mais hé, le temps. Et puis le programme était bien limité pour les mômes, forcément. D’ailleurs pourquoi dit-on Coco Pops au lieu de Choco Pops. Est-ce que Coco évoque plus le chocolat que “Choco” ?

Quel putain de bédé c’eut été..

En sortant du pire film de l’année (L’amour, c’est mieux à deux, erk), je suis allé voir Yahsi Bati, un western turc. Et c’est aussi awesome que ça en avait l’air. Au dernier rang, une famille turque, venue profiter des one-liners délirant du film dont j’attendais le climax, le combat enduit d’huile pour mieux glisser. Un excellent moment.

Gondry nous parle de sa famille dans l‘épine dans le cœur. On admet facilement que Gondry a du talent, mais sa famille est si relou que tu vas t’endormir.

Je regrette de ne pas avoir pu parler plus de Poetry mais qui aura eu à affronter en pleine gueule Mother. Ah mais si, attends, là ! Par contre, Breathless, une histoire de violence encore inouie mais casuelle, presque quotidienne comme seule sait nous les montrer la Corée. Breathless est difficilement résumable dans mon état. Mais c’est un solide triple Airwolf.

Du côté de la Corée, il y a aussi Housemaid du très précieux Im Sang-Soo avec que des jolies actrices coréennes qui passent leur temps à réclamer de sucer l’acteur bégé, très Tony Leung version Corée. Im Sang-Soo a réalisé le génial The President’s Last Bang et il serait judicieux que le film sur Sarkozy s’en inspire, ainsi que sur Il Divo.

L’illusionniste. Alors l’illusionniste. J’ai un peu l’impression que c’est un des films franco-français dont on nous bassine un peu à sa sortie et qui s’oublie. Man, regarde toutes les étoiles sur Allociné, et pourtant PERSONNE ne t’en reparle comme un incontournable de l’année. Alors que le film est inattaquable, une ambiance mélancolique, une esthétique incroyable… Le problème, c’est qu’il lui manque des pics narratifs. Check Toy Story 3.

Grande déception, Greenberg et Ben Stiller en trentenaire déprimé m’a laissé indifférent. C’est dommage car Noah Baumbach est le réa du génial The Squid & the Whale. Et en même temps, je vais pas me forcer à aimer, hein.

Autre déception : Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu. D’habitude, Woody Allen sait rendre les femmes encore plus belles qu’elles ne le sont. Il a un truc, je sais pas comment il fait. Et là, il produit un film énervant, frustrant, avec que des superbes acteurs, comme s’il filmait parce qu’il devait faire ça cette semaine-là. L’année prochaine, Woody filme Carla. Et ça sera difficile de ne pas rire.

Unstoppable était drôle. Pour tout plein de raison. Denzel, over the top. Tony Scott qui arrive même à rajouter des effets nuls sur des reportages TV (où il n’y a pas d’effet hein) qui couvrent cette histoire de train qui fonce sans pilote. Film mediocre ou genie post-modern, on s’en fout. C’est Tony Scott. Il te rajouterait même des effets sur une caméra de surveillance en noir et blanc.

A bout portant a un grand avantage : le jeu génial, parfait, minimaliste, de Roschdy Zem dans la veine des polars des 70’s. Face à lui, Gerard Lanvin mal rasé et ses sbires de flics corrompus dont la pire FUME devant une femme enceinte. On rigolerait presque si au milieu n’était pas parachuté Gilles Lelouche. Ah mais qu’est-ce qu’il fout là, lui. Y’avait personne ? Vincent Cassel ? Bernard Lecoq ? Le film se serait déroulé sans lui, hé bah ouais, il aurait eu de la gueule.

Potiche m’a été recommandé par je ne sais pas qui. Hommage tendu à Jacques Demy, gueule angoissante de Catherine Deneuve, et puis Judith Godrèche et l’autre, là, “de la comédie française”. Ozon fait des films qui l’amusent. Mais alors pas moi. Du tout.

Another Year est un nouveau film dérangeant de Mike Leigh, où il ne se passe rien sinon un couple heureux et plein d’âmes perdues autour d’eux. Comme dans le génial Go Lucky, Be Happy, Leigh dresse des portraits en creux assez touchant.

Il serait peut-être temps de parler de la meilleure adaptation d’une bédé au cinéma. Je parle bien sur de Quartier Lointain, d’après le manga de Jirô Taniguchi. Okay, ce n’est pas aussi génial que le manga original, mais pour une histoire transposée dans un bled de France, ça se défend vraiment bien. J’ai juste un problème maintenant quand je vois Pascal Greggory le mec / l’ex ? de Jean-Marie Bannier avec qui il vit dans son super immeuble je ne sais où. A chaque fois que je le vois, j’y pense, j’imagine des Monet accrochés aux murs ou des trucs de fous du genre. Et ça me gâche un peu le film. Heureusement, il est justement question de ne pas le voir puisqu’il replonge en enfance. Vraiment pas une mauvaise adaptation, si ce n’est le setup de “dessinateur de bédé” du début qui fera sourire si on connait un peu le milieu.

L’autre adapt’ de l’année, c’est Scott Pilgrim. Alias tout ça pour ça. J’avais lu les premiers volumes il y a biiiien longtemps. Et puis depuis, je me suis senti forcé à lire la suite, un peu sans passion. Et ce film… ce film… le voir manquer d’aussi loin son cœur de cible, c’en est presque triste. Et ce n’est pas un problème d’âge du public (les plus de 30 ans peuvent comprendre, faites leur confiance même si les épées Utena qui sortent du bide, ils s’en moquent). Et contrairement au jeu (nul) qui essaye tout le temps de trop en faire, tout le temps, la première demi-heure est limpide comme un sitcom et puis viennent les combats. Ce qui m’ennuie le plus, c’est que la BD (t’aime ou t’aime pas) repose sur l’idée que Scott doit devenir meilleur pour arriver à son but. Il comprend ses adversaires, s’enfuie, les esquive. Le Scott Pilgrim les pièges sans vergogne, (tiens, le végétarien, hin hin) and so much for the groing metaphor. Et la fin du film sabre complètement ce qu’il y avait de mieux dans la BD. Mais bon, c’est l’effet Kick Ass: parfois adapter une œuvre non-finie peut bien passer, d’autre pas. Sad, on so many levels.

Evidemment, il faut se farcir Cera qui a fini par agacer tout le monde. Attention, Seth Rogen, t’es le suivant dans la spirale de l’anti-buzz.

Ow tout devient flou, là. Un dernier. Un dernier. Social Network. Fincher. Un bon film sur deux. Je ne sais pas comment il fait mais celui qu’il réussit est foutrement bien. La colère de Mark Zuckerberg à l’un de ses procès, sa rage, son amitié perdue, Justin en rockstar, un montage au couteau. The Social Network est la victoire ultime du film script, comme l’était en son temps Usual Suspect, le réalisateur n’étant plus qu’un gus de plus sur le plateau, à essayer de faire en sorte que tout se goupille. Social Network va beaucoup plus loin que Facebook. Alors real thing ou full drama. Au fond, on s’en fout, non ?

Ow je crois que… c’est fini. Les cents autres critiques se trouvent dans ces pages. Je vais cuver et demain le top.