Non, Nicolas Cage ne se présente pas pour les présidentielles et c’est bien dommage, car je voterais bien plus volontiers pour lui que pour François Hollande. Une question de classe. Mais Kamui Robotics se doit, comme chaque année, faire le point sur ses prestations, telle une vigie du sur-jeu.

Nick Cage a atteint une espèce de plénitude folle depuis quelques années. Après une saison 2010 puis 2011 complètement maboule, on le sent presque apaisé en mari vengeur ou encore en rider fantôme. Celui que sa cousine Sofia (remember l’horreur de somewhere) veut faire jouer à tout prix a atteint sa vitesse de croisière.

Dans Seeking Justice, il joue un prof de littérature (…) qui va conclure un pacte (“le pacte”, titre vf) avec une organisation secrète qui va lui retrouver et assassiner le violeur de sa femme. Évidemment, ça tourne mal. Il va se retrouver victime, pourchassé. Puis le chasseur devient chassé. L’occasion idéale pour que Nicolas Cage se laisse aller, à ce qu’il loose son shit. Mais même pas. Frustration ! Comme un film de kungfu sans coup de pied, Nick se la joue minimum syndical.

 

Seeking Justice est un film trop sage. La baston la plus impressionnante, c’est quand un irlandais un peu gauche lui balance un vélo à la gueule et finit par tomber tout seul dans sa mort. On en est là. Faux film de conspiration aux dialogues tartiflettes, les méchants se démasquent au fur et à mesure en glissant le nom de code de reconnaissance nigaud mais on ne regarde déjà plus, Cage a décidé de nous endormir.

 

Peut-être essaye-t-il de briser nos rêves ?

Peut-être n’est-il finalement pas le vampire que l’on a tant rêvé ?

 

 

 

 

Il nous reste un espoir. Dans Ghost Rider: Spirit of Vengeance (2), il est un peu aidé. Taylor et Neverldine, les deux loustics de la série des Crank (Hyper Tension) ont décidé de simili-rebooter le premier film nul. Pas d’origine à se retaper, on passe directement à l’action, à savoir l’histoire lambda d’un gamin dont on découvre que la mère roumano-gitane a couché avec le diable (rien que ça). Ce qui fait de lui le futur avatar de son propre père qui va devoir prendre possession de son corps. Parce qu’il en a besoin.

Ce n’est pas vraiment subtil, mais Ghost Rider n’a jamais eu besoin de l’être. C’est un mec qui fait un pacte (encore) avec le démon et qui se retrouve avec tête de mort à conduire une moto enflammée pour “venger les gens”. Dieu bénisse les années 70.

Le premier problème, c’est qu’on voit à peine Ghost Rider. Vraiment. Il se fait butter dès sa première scène au bazooka. Humilié dès sa première prestation, Nick Cage va passer son temps à errer, en attendant que son pouvoir revienne vers la fin, lors de la Bar Mitzva satanique du petit garçon.

Pour lui expliquer ce scénario complexe, il a à ses côtés Idris Elba qui joue ici un motard prêtre français qui shot-gunne son chemin. Maaaan, j’aime Idris Elba de tout mon cœur. Il est même génial dans Thor. Sans rire, je crois que j’irai voir un film où Idris se contente de lire l’annuaire, je suis certain que ça serait génial quand même. Et il a l’air de prendre plaisir à jouer over the top. Et effectivement, il fait de l’ombre à Nick Cage.

Mais… le Ghost Rider, le peu qu’on le verra, est loupé. Statique, pas vraiment cruel, jamais trop impressionnant, il est à l’image du film, sans aucune forme de surprise. Seules quelques scènes ingénieuses de Taylor et Neverldine (la séquence du début, assez géniale) surnagent un peu et les rares bonnes idées ne sont jamais développés. Et quitte à tout saloper, autant prendre le némesis le plus mou du monde qui ressemble à Monsieur Marie.

Sérieusement, Ghost Rider à Taïwan avait tout d’un film culte, je vois pas pourquoi ils ont choisi cette histoire nulle.

Ow et il y a Christophe Lambert en raëlien au visage tatoué.

Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que Nick Cage est devenu une espèce de Luchini ou de JCVD qu’on invite un peu comme un automate. Tu lui donnes une pièce, il te fait son meilleur sketch, le mec qui souffre dans la folie.

Donc on veut savoir. On veut savoir où est passé le Nick Cage actor’s studio, qu’il a lui-même baptisé “Nouveau Shamanic“. Ghost Rider aurait été tellement mieux si l’on s’était contenté d’un motard qui dégomme des démons avec sa moto entrecoupé de Cage qui donne des interviews de ce genre-là.

“On my costume, my leather jacket, I would sew in ancient, thousands-of-years-old Egyptian relics, and gather bits of tourmaline and onyx and would stuff them in my pockets to gather these energies together and shock my imagination into believing that I was augmented in some way by them, or in contact with ancient ghosts. I would walk on the set looking like this, loaded with all these magical trinkets, and I wouldn’t say a word to my co-stars or crew or directors. I saw the fear in their eyes, and it was like oxygen to a forest fire. I believed I was the Ghost Rider.”

Oui. On veut Nick Cage, le vrai. Celui de Bad Lieutenant.