Hunger Game est encore une adaptation d’une série de romans pour ado dont je ne connaissais pas encore l’existence il y a deux mois. Tant de romans cultes pour ados se succèdent à un rythme effréné, J.D. Salinger en a fait un arrêt cardiaque.

Le positionnement marketing de Hunger Games est simple, classique et ne manque pas de charme : un Battle Royale pour mômes. Mais comme toutes les adapts, son introduction est longue… Tellement longue. Si longue que le film donne l’impression de ne jamais se décider sur rien. On passe de la shaky cam foutue là on ne sait pourquoi, puis on passe d’un design “Europe de l’Est” à une espèce d’aristocratie baroque cousue d’après les chutes de costumes du 5ème élément, puis retour à une forêt équipée en matos Quechua. Peut-être que tout cela avait un sens dans les bouquins. Peut-être même que ça y est limpide. Mais après une exposition si longue où l’on comprend simplement que l’on est dans un futur dystopique, on a simplement envie qu’ils se finissent à la machette dès le début.

Car en gros, c’est du Battle Royale mais sans y toucher. Là où le film de Fukusaku s’abandonnait à la bizarrerie de son concept et surtout sans aucune retenue, Hunger Games est un film pour enfants & ados. Une ambigüité bizarre qui fait qu’on aimerait bien voir la gueule du parent qui emmenera sa fillette de 10 ans voir des films où des fillettes du même âge se font marav’. Et pourtant, je suis tellement pour la violence dans les films pour enfants. Cœur avec du barbelé.

Hunger Games a sa championne toute trouvée en la personne de Katniss, une fille forte de 16 ans joué par Jennifer Lawrence (mon cul, donc), Réné Zellweger en jeune dont on ne croit pas une seconde qu’elle vit dans la famine. Elle est volontaire aux Hunger Games pour éviter que sa petite sœur n’y aille, façon Ikki à la place de Shun sur l’îledelamortîledelamortîledelamort. Et sous la tutelle du génial Woody Harrelson en perruque ridicule, elle va se préparer pour être la survivante. Woody Harrelson, c’est le Nicolas Cage de gauche, un label qualité “maboulitude” évident qui lui explique qu’il ne peut en rester qu’un. Je l’aime.

saint seiya les chevaliers du zodiaque episode… par seiya92370

(direct sur le bon passage, bim)

Malgré tout le mal que se donne le film pour nous la présenter comme l’outsider géniale, la vraie tueuse, une chasseuse intestable qui t’allume à l’arc un pigeon à 50 mètres, elle va gagner (il y a 3 bouquins derrière, hein, pas de spoilz, mais bon) en ne dégommant que 2, 3 mecs et c’est tout. Moralité, les enfants, on peut être badass avec un bodycount minable. Et même quand la règle du jeu change, façon Denis “God” Brogniart, elle passe son temps planquée dans une grotte ou endormie sur un arbre. Pire, elle ne met aucune flèche dans le mille de tout le film ce qui craint un peu. La pression ?

On pouvait y voir un défaut d’écriture. Ou une pirouette d’auteur. Mais il y a sans doute quelque chose de plus intéressant. Contrairement au Battle Royale, elle rejette complètement le système du jeu auquel elle est soumise. “Are you not entertained ?”for kids.

La rébellion contre le système est le propre de ce genre d’histoire. Celle de Katniss se fait constamment dans l’échec, l’autodéfense et la mort. Sur le positionnement délicat de l’actionneur pour ado, Hunger Games n’est ni assez badass pour plaire aux cinéphiles, ni assez malin nous montrer le renversement de ce système en un seul film. On aimerait voir en quoi de Katniss victoire va changer quelque chose. Mais plus de deux heures… C’était déjà bien trop long pour Donald Sutherland qui donne l’impression de s’endormir entre ses deux caméo. Moyennement hungry pour les autres films.