(Hasard de calendrier et pas de bol, cet article n’a pas été publié. Je te le laisse ici, pour mieux apprécier la perf’ des Samouraï Blue) 

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C’est la vérité. La mascotte électrique de Nintendo s’est retrouvé sur le maillot nippon. Malgré cela, les résultats en Coupe du Monde n’ont pas fait d’étincelles.

Pikachu sur le maillot japonais, pourquoi pas, mais tant que ce n’est pas un match officiel. C’est un bon coup de com’ de dernière minute pour Adidas et la Pokémon Company mais qui en dit long sur cette équipe. Elle est gentille, elle a sans nulle doute la mascotte la plus cool mais il manque de cette hargne pour passer à l’étape supérieure. Le Japon court encore après sa première victoire au Brésil. Malgré leur totem kawaii, les “samouraïs blue” paraissent bien mal engagé pour sortir des poules.

Autrefois terre de refuges des joueurs en fin de carrière, le Japon a accueilli les plus grands sur son sol pour relever le niveau d’une J-League naissante.


Le Japon est désormais aguerri aux compétitions internationales : une Coupe d’Asie des nations en poche et deux fois huitième de finaliste en 2002 et 2010, pile les années où se plante l’équipe de France. Plus rigolo, ils ont battu l’EDF de Benzema et Valbuena en match amical 2012. Alors pourquoi Pikachu et pas Godzilla ?

Les liens entre cette équipe du Japon et les Pokémon se sont encore resserrés. Atsuto Uchida, défenseur du club allemand Schalke, va jouer au comédien de doublage dans le prochain film Pokémon. Certes, il n’aura qu’un petit rôle, celui d’un portier lambda. Mais on peut se demander si le timing de cette annonce est judicieux, quelques heures à peine avant le ronflant 0-0 concédé face à la Grèce, pourtant réduite à 10 dès la première mi-temps.

Dans l’imaginaire collectif nippon, le football est associé à une oeuvre majeure de sa pop-culture : Captain Tsubasa alias Olive et Tom. Tout a été dit et moqué : les retournés impossibles à 10 mètres au dessus du sol, les tirs qui transpercent les filets pour aller se planter dans les murs, le terrain en forme de colline qu’Olivier Atton et ses coéquipiers mettent 3 épisodes à remonter… Toujours en cours de publications, le manga suit les matches d’Olivier au cours de sa carrière pro en Europe. Évidemment, à chaque compétition internationale, le Japon gagne toujours.

Si vous n’avez pas connu ce monument d’action-comédie, les 128 épisodes de la première série sont disponibles gratuitement en streaming depuis quelques jours.

Tous, Japonais comme Français, connaissent les belles valeurs véhiculés par le manga shônen, destiné aux jeunes garçons. Aujourd’hui, les joueurs de la J-League s’amusent, pour promouvoir l’expo Captain Tsubasa qui se tient en ce moment à reproduire certains des shoots mythiques de la série.

Le message du shônen sportif, c’est qu’à force d’abnégation, d’effort et don de soi, on finit toujours par y arriver. Le Marathon, épreuve d’athlétisme culte au Japon, n’est jamais très loin dans l’esprit. Ce style flamboyant est aussi désigné comme Nekketsu, “le sang brûlant”. Les gentils finissent toujours par triompher des forces du mal. Quoiqu’il arrive, le méchant perd et comprend ses erreurs. C’est, dans ses grandes lignes, la même chose que les Chevaliers du Zodiaque, mais avec un ballon. C’est beau mais c’est pas comme ça qu’on forme les futurs Zlatan.

Et en jeu vidéo, l’abnégation paye puisqu’il suffit de gagner des battles de foot aléatoires pour augmenter ses capacités. C’est le système du jeu vidéo Inazuma Eleven, “RPG de foot” complètement inspiré d’Olive et Tom qui nourrit de ses bons sentiments la future génération de joueurs.

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(non mais regardez les)

L’équipe du Japon a hérité de ce fairplay et de cette sportivité, jusque dans le public des stades. Les photos des supporters en train de ramasser les détritus après le match ont fait le tour du monde. Il fallait bien ça pour faire oublier Yuichi Nishimura, l’arbitre japonais du match d’ouverture de cette Coupe du Monde. N’empêche, le public japonais reste estomaqué devant la contre-performance de la “Zaku-Japan”, comprendre l’équipe japonaise menée par Alberto Zaccheroni.

Les médias japonais essayent d’y croire.

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“La Colombie est faible ! Regardez ses défaites lors des matchs de qualifications au Mondial”

Pire, ils cèdent à la superstition. D’abord en ayant recours à la secte “Science of Happiness” qui leur a rendu visite.

Car après tout, pourquoi ne pas croire à l’occulte ? C’est un pas encore une fois franchi par une chaîne de télé:

 

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“Le Japon a toujours gagné son troisième match de poule quand la date se termine par un 4 !”

Malgré les “tirs du tigre”, les pouvoirs de l’occulte et la ferveur populaire, Honda Keisuke ne manque pas de lucidité. Deux jours après la défaite contre la Côte d’Ivoire, le buteur s’est confessé : “On respecte trop nos adversaires. C’est ça qui nous use.” Une piste à creuser.

 

(Merci à Chaz & Iggy)